À Gramat (Lot), un réseau de chaleur au bois porté par la SCIC Bois Énergie Lot est devenu, fin 2025, le premier projet de chaleur renouvelable citoyen labellisé « Énergie Partagée » en Occitanie. Grâce à une chaufferie biomasse locale, plusieurs bâtiments scolaires auparavant chauffés au fioul, ainsi qu’un EHPAD fonctionnant au gaz ont abandonné ces énergies fossiles au profit d’un réseau alimenté par du bois issu de ressources 100 % locales.
Une chaufferie biomasse au cœur du dispositif
La SCIC Bois Énergie Lot est une société coopérative d’intérêt collectif qui réunit des acteurs forestiers, des usagers, des collectivités et des partenaires de l’intérêt général. La coopérative a fait construire, par des artisans locaux, une chaufferie biomasse de 400 kW qu’elle exploite aujourd’hui pour alimenter plusieurs bâtiments de l’établissement Sainte-Hélène (école maternelle et primaire, collège), ainsi que l’EHPAD Pierre Bonhomme.
Pour les bénéficiaires, le dispositif est simple. « Le modèle repose sur la vente de chaleur clé en main, les clients payent un abonnement avec un coût au MWh de chaleur livrée, comme on achète de l’électricité à son opérateur. Les établissements n’ont pas à investir ni à exploiter eux-mêmes la chaufferie ou acheter le combustible », explique Gaëtan Daujean, chargé de mission transition énergétique à la direction régionale Occitanie de l’ADEME. Par ailleurs, les bénéficiaires peuvent prendre des parts sociales dans la SCIC et ainsi participer à sa gouvernance, notamment en assistant aux assemblées générales et en se faisant élire au conseil d’administration. Au sein de la coopérative, le collège des bénéficiaires de la chaleur représente 40 % des droits de vote.
Le soutien du Fonds chaleur permet de compenser les coûts d’investissements élevés, afin d’atteindre un prix de chaleur vendu, inférieur d’environ 10 % au coût de l’énergie fossile. En revanche, le bénéfice environnemental est bien plus significatif puisque le réseau permet d’éviter une consommation d’énergie fossile équivalente à plus de 100 000 litres de fioul par an. Quant au combustible, il provient majoritairement de bois non valorisable en bois d’œuvre, issu d’un approvisionnement local dans un rayon d’environ 30 kilomètres autour de Gramat.
Un modèle vertueux au service du territoire
Au-delà de la réduction de l’utilisation des énergies fossiles, le projet s’inscrit aussi dans une logique de développement local. « Le bois-énergie permet de remplacer une énergie fossile importée de l’étranger, par une ressource locale. Cela crée de l’activité sur le territoire, depuis l’exploitation forestière jusqu’à la construction et l’exploitation des équipements. C’est une vraie boucle vertueuse territoriale », souligne Gaëtan Daujean.
Labellisé « Énergie partagée » lors du Forum EnerGaïa 2025, le projet est le premier réseau de chaleur citoyen reconnu en Occitanie. Il a également bénéficié du soutien de l’ADEME, notamment via le Fonds chaleur, qui finance les études de faisabilité, les investissements et l’animation territoriale, afin d’accompagner les porteurs de projets de la phase d’étude jusqu’à la mise en service.
Réduire la part d’énergies fossiles et renforcer l’autonomie énergétique
Un réseau de chaleur renouvelable repose sur un principe simple : produire la chaleur de façon centralisée, à partir d’énergies renouvelables ou de récupération (biomasse, géothermie, solaire thermique, chaleur de récupération), puis la distribuer à plusieurs bâtiments via des canalisations enterrées.
Pour être reconnu comme citoyen par l’association Énergie Partagée, un tel projet doit répondre à cinq principes :
- un fort ancrage territorial, avec des ressources locales et des circuits courts ;
- un financement éthique, ouvert aux acteurs du territoire ;
- une gouvernance partagée entre plusieurs parties prenantes ;
- une production énergétique locale ;
- des actions de sensibilisation à la transition énergétique auprès des habitants.
Énergie Partagée, un réseau accélérateur de projets citoyens
Créé en 2010, le mouvement Énergie Partagée fédère des centaines de projets citoyens d’énergies renouvelables en France. Son label national garantit un haut niveau d’exigence en matière de gouvernance citoyenne et d’intérêt territorial.
Historiquement centré sur l’électricité, le dispositif a été étendu en 2025 aux projets de chaleur renouvelable. Fin 2025, une cinquantaine de projets étaient labellisés au niveau national, dont quatre projets de chaleur en Occitanie.
de puissance pour la chaufferie.
de fioul par an environ évités.
d’aides du Fonds de Chaleur.