À Châteaulin (Finistère), UNIK Informatique répare ordinateurs, smartphones et tablettes depuis près de 20 ans. Comment ? En démontant les appareils non réparables pour en récupérer les composants. Aujourd’hui, avec le soutien de France 2030, ce procédé est désormais industrialisé pour réduire l’impact environnemental du numérique.
L’un des plus gros stock de pièces informatiques d’occasion en Europe se trouve à Châteaulin, petite commune de 5 000 habitants, dans le Finistère. Au total, quelque 100 000 pièces détachées y sont disponibles. À la tête de ce stock colossal se trouve UNIK Informatique. Créée il y a près de 20 ans, cette entreprise est spécialisée dans la réparation d’ordinateurs, de smartphones, de tablettes, d’écrans ou encore d’imprimantes. « Lorsqu’un appareil n’est pas reconditionnable, il reste toujours de nombreux éléments qui peuvent encore être valorisés, explique Benjamin Destor, co-gérant de l’entreprise. Ainsi, nous le démontons et stockons les pièces détachées fonctionnelles pour réparer d’autres appareils, ou pour les vendre à d’autres reconditionneurs ou à des particuliers via notre site internet. »
Industrialiser un process innovant
En mai 2024, dans le cadre de l’appel à projets « Soutien au développement d’une économie du numérique innovante, circulaire et à moindre impact environnemental » (ECONUM), UNIK Informatique a déposé une demande d’aide auprès de l’ADEME, pour accélérer cette activité de pièces détachées. Sur un total de 424 000 euros, 130 000 euros ont été attribués par le plan France 2030 opéré par l’ADEME. « Ce projet, qui se poursuivra jusqu’en juin 2026, propose une solution de bout en bout : de la collecte jusqu’à l’envoi des pièces détachées, note Patricia Sidat, cheffe de projets France 2030 à l’ADEME. De plus, le sujet était déjà mature chez UNIK Informatique : leur solution, de la collecte jusqu’à l’envoi des pièces, s’appuie déjà sur des études. L’existence d’un stock de démarrage, d’un retour d’expérience et d’un centre pilote est un vrai plus. » L’entreprise souhaite cependant passer à l’étape supérieure, avec des technologies innovantes : le financement permettra par exemple l’achat d’appareils pour démonter un composant sans le casser, ou pour tester sa conformité. Il permettra également de recruter : grâce à ce projet, l’entreprise ambitionne de générer un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros et de créer 25 emplois, dont certains en parcours d’insertion professionnelle. Du point de vue environnemental, UNIK Informatique vise une réduction de 1 000 tonnes de CO2 et l’économie de 5 630 tonnes de matières premières chaque année.
Encore six mois de projet
Six mois avant la fin du projet, l’équation semble prometteuse : moins de CO2, moins d’extraction de matières premières, et des ordinateurs qui durent plus longtemps. D’autres objectifs sont cependant encore en ligne de mire, notamment sur le vivier des pièces détachées. Pour l’heure, le stock d’UNIK Informatique est issu des particuliers, qui lors de l’achat d’une nouvelle machine déposent leurs anciens appareils, mais aussi auprès d’entreprises locales, avec qui des contrats de rachat des parcs d’équipements informatiques sont signés : « Dans le futur, nous envisageons de faire appel aux réseaux de collecte des éco-organismes et aux différents acteurs de l’économie circulaire locale pour renforcer cet approvisionnement » explique Benjamin Destor.
En parallèle, UNIK Informatique souhaite automatiser la mise en ligne des pièces détachées, afin de gagner en efficacité et de suivre son stock en temps réel.