Multiplication des inondations, tempêtes, sécheresses et canicules, mais aussi pollution des sols et de l’eau potable… Les collectivités et leurs habitants sont en première ligne face au changement climatique. Ils ont aussi été les premiers à souffrir de l’envolée des prix de l’énergie après le déclenchement de la guerre en Ukraine et s’inquiètent déjà des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur leurs budgets. La plupart des élus locaux, qu’ils soient reconduits ou nouvellement installés, ont compris que la transition écologique sera territoriale ou ne sera pas. Et quel que soit leur bord politique, ils ont la volonté d’agir.
La parole à Sylvain Waserman PDG de l’ADEME.
Les élus locaux agissent d’abord par pragmatisme : pour protéger la qualité de vie, la santé et le pouvoir d’achat de leurs citoyens, développer l’économie locale, rendre leur territoire plus attractif, et, surtout, gagner en souveraineté et réduire les dépenses publiques. Et c’est tant mieux ! Chaque réseau de chaleur renouvelable créé ou étendu, chaque solution de mobilité durable mise en oeuvre, chaque bâtiment rénové, chaque espace naturel protégé contribue autant à répondre aux préoccupations de leurs usagers qu’aux objectifs nationaux que s’est fixés la France en matière de transition écologique. La neutralité carbone en 2050 se construit jour après jour, projet après projet, grâce à l’engagement de nos élus. Mais, même si les efforts déjà accomplis donnent des résultats significatifs, il est temps d’accélérer.
Les élus sont des acteurs majeurs pour porter des projets de transition écologique sur leurs territoires. C’est un enjeu et un atout pour la qualité de vie et la sécurité financière de leurs collectivités et de leurs habitants. Cela passe par l’adaptation aux canicules, avec le développement d’îlots de fraîcheur ou encore l’alimentation de logements par la géothermie, afin de ne plus subir l’exposition du prix du gaz comme en 2022.
J’ai la conviction que cette ambition est à la portée des collectivités. Mais je sais aussi que l’ampleur de la tâche peut donner le vertige : par où commencer ? Quelles actions mettre en oeuvre pour obtenir des résultats rapidement ? Comment agir pour améliorer la qualité de vie des habitants et ne pas créer d’inégalités supplémentaires ? C’est pourquoi l’ADEME, en tant qu’opérateur de l’État, se tient aux côtés des élus, avec des aides financières et techniques, mais aussi des méthodes et des outils, des partages d’expériences et de bonnes pratiques.
Le guide Demain mon territoire, que nous venons de publier en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), s’adresse aux équipes municipales et aux intercommunalités qui s’apprêtent à entamer un nouveau mandat. Il se veut à la fois source d’inspiration et outil opérationnel. C’est le guide que j’aurais aimé avoir lorsque j’étais maire de village. Depuis deux ans, le réseau Élus pour agir, qui compte 4 300 inscrits, favorise par ailleurs les rencontres entre pairs, le partage d’expériences et de bonnes pratiques, ainsi que la montée en compétences des édiles. 638 collectivités sont également accompagnées par le programme Territoire Engagé Transition Écologique (T.E.T.E), qui les aide à structurer, piloter et valoriser leurs plans de transition écologique.
Tout au long de la mandature qui s’ouvre, l’ADEME se tiendra aux côtés des territoires pour poursuivre l’accompagnement de leurs actions au service de la transition écologique. Ce magazine vous en donnera un aperçu.