Donner une seconde vie à des panneaux solaires thermiques plutôt que de les remplacer : c’est le choix d’Elogie-Siemp, troisième bailleur social parisien. Avec le soutien de l’ADEME, l’organisme réhabilite ces installations dans le cadre de la rénovation de son patrimoine énergétique, avec pour ambition d’atteindre la neutralité carbone de son parc à l’horizon 2050.
Un plan climat, sept ambitions
Elogie-Siemp gère près de 30 000 logements, destinés à des ménages aux revenus modestes, à Paris et en petite couronne. Pour le bailleur, la maîtrise des charges énergétiques constitue un enjeu majeur, à la fois social et environnemental.
Face à l’urgence climatique, Elogie-Siemp a ainsi élaboré son propre plan climat, adossé au plan climat de la Ville de Paris, avec un objectif clair : la neutralité carbone à l’horizon 2050. « Ce plan repose sur sept ambitions : maîtriser les consommations d’énergie, réduire les émissions de gaz à effet de serre, protéger l’environnement, accompagner les mutations de la ville, construire une ville résiliente, expérimenter des solutions innovantes et développer des synergies avec les partenaires, les locataires et les collaborateurs », détaille Youcef Zaddi, cadre technique chauffage chez Elogie-Siemp.
Ainsi, d’ici 2030, 40 % du parc d’immeubles devra faire l’objet d’une réhabilitation complète, allant au-delà de la seule rénovation énergétique, un palier intermédiaire avant de parvenir à la neutralité carbone en 2050. Sur le volet des énergies renouvelables, ce plan prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 45 % des consommations en 2030, pour atteindre 100 % en 2050, tout en produisant localement 10 % des besoins en 2030 et 20 % en 2050.
Une priorité : rénover l’existant
Pour Youcef Zaddi, « ces objectifs ambitieux supposent d’agir sur plusieurs leviers simultanément : approvisionnement en biogaz pour les chaufferies collectives, électricité 100 % renouvelable pour les parties communes et études sur la géothermie, la récupération de chaleur fatale ou l’autoconsommation photovoltaïque ».
Pour parvenir à ces objectifs, Elogie-Siemp a notamment prévu de rénover les installations solaires thermiques de son parc destinées à assurer le préchauffage ou la production d’eau chaude sanitaire. « Nous réhabilitons 23 installations, pour l’essentiel dans Paris intra-muros, exceptée une située à la Celle-Saint-Cloud. Elles étaient vieillissantes et certaines étaient à l’arrêt depuis plusieurs années. L’enjeu aujourd’hui est de les rénover une par une afin de les rendre à nouveau efficientes et de suivre leur performance dans la durée », explique-t-il.
Un cahier des charges exigeant
Pour tenir le cap de cette stratégie de rénovation thermique, le bailleur a ainsi élaboré un programme pluriannuel d’amélioration, soutenu financièrement par l’ADEME. Après un premier test sur une installation pilote en 2023, les autres chantiers ont pu être lancés progressivement : entre 2023 et 2026, quatre à cinq installations ont ainsi été rénovées chaque année, en suivant la méthode expérimentée sur le premier site. « Après un diagnostic réalisé par un bureau d’études spécialisé dans le solaire, l’appel d’offre est lancé avec un cahier des charges exigeant, pour répondre aux critères RGE Qualisol, label qui regroupe tous les systèmes de chauffage solaire qui produisent de l’eau chaude sanitaire », reprend le cadre technique, « l’accompagnement de l’ADEME, à la fois financier – à hauteur de près de 59 000 euros en 2025 – et technique, en lien avec le bureau d’études pour s’assurer du correct dimensionnement de l’installation solaire, a constitué un levier déterminant pour amplifier cette dynamique. »
Sur certains sites, comme la résidence située rue de Thionville dans le 19e arrondissement de Paris, la production d’eau chaude assurée par énergie solaire atteint désormais 55 %, soit sept tonnes d’émissions de CO2 évitées chaque année. Dans les autres sites, elle se situe aujourd’hui entre 30 et 50 %.
Pour Youcef Zaddi, « malgré les difficultés rencontrées par la filière ces dernières années, notamment liées à des pratiques peu professionnelles de certains acteurs, l’énergie solaire thermique demeure une solution éprouvée pour produire localement une part importante de l’eau chaude des logements à partir d’une énergie renouvelable. »
c’est le taux de production d’eau chaude par énergie solaire atteignable selon les sites.
C’est la production annuelle des opérations livrées en 2025.