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Agrivoltaïsme : un modèle au service des agriculteurs de demain

  • Agriculture / Alimentation

Associer production agricole et électricité solaire sur une même parcelle, c’est la promesse de l’agrivoltaïsme. Encore méconnu, parfois controversé, ce modèle suscite de nombreuses questions. Que change-t-il pour les agriculteurs ? Quels bénéfices concrets sur le terrain ? Et comment s’assurer qu’il reste au service de l’agriculture ? Éclairage avec deux expertes de l’ADEME.

mars 2026

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L’agrivoltaïsme ne se résume pas à des panneaux dans un champ

L’agrivoltaïsme repose sur une exigence centrale : le dispositif doit rendre un service réel à la production agricole. Concrètement, il s’agit bien d’un double usage du sol, combinant agriculture et production d’énergie renouvelable. Mais pour être qualifiée d’agrivoltaïque, une installation doit démontrer qu’elle améliore, ou au minimum soutient, l’activité agricole. « Ce service peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir d’une amélioration du potentiel agronomique des sols, d’une aide à l’adaptation au changement climatique, d’une protection contre les aléas comme le gel ou les fortes chaleurs, ou encore d’une amélioration du bien-être animal » explique Céline Mehl, coordinatrice du pôle photovoltaïque à l’ADEME.

Cette approche marque une rupture nette avec certaines pratiques passées. « Pendant quelques années, certains projets photovoltaïques se sont développés sur des terres agricoles sans véritable activité agricole associée, donnant lieu à des « projets alibi » davantage tournés vers la production d’électricité » indique Rachel Baudry, cheffe de projet à l’Observatoire de l’agrivoltaïsme. Ces dérives ont laissé des traces et alimenté la méfiance.

Un cadre juridique pour sécuriser les projets agrivoltaïques

Les premiers enseignements issus des travaux menés par l’ADEME permettent de mieux cerner la réalité du terrain. Dans cinq régions aux profils très différents, qui vont du pourtour méditerranéen à la Bourgogne Franche-Comté, plus de 1 600 projets photovoltaïques sur terrains agricoles ont été recensés, représentant environ 17 gigawatts (soit plus de la moitié de la capacité photovoltaïque en France). Tous ne verront pas le jour, mais ce volume témoigne d’un engouement réel.

La filière reste toutefois hétérogène. Les projets se situent à des stades très variés, de la simple réflexion à l’exploitation. « On observe aussi la coexistence de modèles historiques, notamment les centrales au sol associées à l’élevage ovin, et de configurations plus récentes. Parmi celles-ci, des systèmes pilotables dont les modules bougent selon les besoins de la plante et la position du soleil, ou encore des projets dédiés à des cultures spécifiques, comme la vigne ou les arbres fruitiers, qui permettent d’ajuster finement l’ensoleillement » explique Céline Mehl.

Sur le plan agronomique, les effets observés sont tangibles, même s’ils varient selon les contextes. Dans certaines parcelles, l’ombre apportée par les panneaux réduit les coups de chaleur sur les fruits et limite l’évapotranspiration, ce qui diminue les besoins en eau. En viticulture, des expérimentations montrent également des impacts sur la qualité des récoltes, notamment sur le degré d’alcool.

Du côté de l’élevage, les bénéfices sont également visibles. Les panneaux offrent un abri contre la chaleur et le vent, permettant aux animaux de rester plus longtemps au pâturage. Dans certains cas, cela contribue à maintenir les niveaux de production, comme pour le lait par exemple, les brebis et les vaches produisant moins de lait à des températures élevées. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. L’efficacité d’un projet dépend fortement des conditions locales : type de culture, climat, sol, configuration des installations. « Il n’existe pas de solution universelle » insiste Céline Mehl.

Pour les agriculteurs, l’impact est aussi très concret au quotidien. L’installation de panneaux implique d’adapter certaines pratiques : circulation des engins, organisation du travail, gestion des parcelles. La conception doit donc être pensée en amont, en étroite collaboration avec l’exploitant. Lorsque c’est le cas, l’installation peut même améliorer les conditions de travail ou permettre d’optimiser certains investissements. Dans le cas des serres agrivoltaïques, par exemple, l’infrastructure peut être financée par le projet énergétique, évitant un investissement lourd pour l’agriculteur.

Quelles sont les conditions requises pour que ça marche ?

Le développement de l’agrivoltaïsme repose sur un équilibre délicat, qui nécessite des garde-fous solides. Le premier d’entre eux est la primauté de l’activité agricole. Le cadre réglementaire impose notamment le maintien des rendements agricoles, à hauteur d’au moins 90 % de ce qu’ils seraient sans installation, ainsi que la préservation des revenus agricoles. L’objectif est clair : éviter que des projets énergétiques ne prennent le pas sur la vocation agricole des terres.
Mais la réussite d’un projet ne se joue pas uniquement sur le plan technique ou réglementaire. Elle dépend aussi de son ancrage territorial. La concertation avec les acteurs locaux est donc essentielle : agriculteurs, élus, riverains, organisations agricoles. Dans un contexte où les usages des sols sont fortement débattus, l’acceptabilité sociale est un enjeu majeur. Expliquer le projet, répondre aux interrogations, démontrer son utilité agricole sont des étapes clés. La question du partage de la valeur est également centrale. L’agrivoltaïsme peut générer des revenus, mais ceux-ci doivent bénéficier à l’ensemble des parties prenantes. Cela peut passer par des mécanismes de gouvernance partagée, de financement participatif ou d’implication des collectivités locales. Ainsi, l’agriculteur, la collectivité ou une coopérative citoyenne peuvent entrer au capital de la société qui exploite l’installation agrivoltaïque.

L’Observatoire de l’agrivoltaïsme : objectiver les impacts pour nourrir le débat

Pour accompagner le développement encore récent de la filière, l’ADEME s’est vu confier une mission inédite dans le cadre de la loi APER (Accélération de la production d’énergie renouvelable) : suivre l’évolution de l’agrivoltaïsme à l’échelle nationale. Cela s’est traduit par la mise en place d’un Observatoire, chargé de collecter des données sur l’ensemble des installations agrivoltaïques. Rendements agricoles, impacts sur les cultures ou l’élevage, évolution des pratiques : ces informations, centralisées de manière confidentielle, doivent permettre de mieux comprendre les effets réels des projets. « L’objectif, c’est de pouvoir regarder concrètement ce qui se passe sur le terrain » explique Rachel Baudry. À terme, ces données permettront non seulement d’alimenter les pouvoirs publics, mais aussi de répondre à des questions encore très débattues : les rendements sont-ils maintenus ? Les bénéfices annoncés sont-ils au rendez-vous ?
Au-delà de cette mission de suivi, l’Observatoire joue aussi un rôle de centre de ressources. « Accessible au grand public, il rassemble études, analyses et contenus pédagogiques pour mieux comprendre l’agrivoltaïsme et ses enjeux » souligne Rachel Baudry.

Et demain ?

L’agrivoltaïsme est encore une filière jeune, en cours de structuration. Son avenir dépendra de sa capacité à s’adapter aux réalités agricoles et territoriales. « Les projets de demain devraient être plus diversifiés, conçus à partir des besoins spécifiques des exploitations et mieux intégrés dans leur environnement local » estime Céline Mehl. À terme, ils pourraient également contribuer à l’autonomie énergétique des territoires, en produisant une électricité consommée localement, y compris sur les exploitations agricoles elles-mêmes. Mais cette évolution se fera progressivement. « La montée en maturité de la filière passera par l’accumulation de retours d’expérience, l’évaluation rigoureuse des projets et la capacité à ajuster les modèles » conclut Rachel Baudry.

En savoir plus
  • Lire l’étude nationale « Accompagnement à la méthode d'évaluation des projets agrivoltaïques dans 5 régions »
  • Le site de l’Observatoire de l’agrivoltaïsme
Sur le même sujet
  • #Agriculture
  • #électricité verte
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