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La France se mobilise pour l’accès à l’énergie durable

Dans les pays les plus pauvres, la question de l’accès à l’énergie hors réseau est à la croisée de multiples enjeux comme le développement économique, l’accès à la santé et à l’éducation, le progrès social. C’est pourquoi l’ADEME et les acteurs français de l’accès à l’énergie se mobilisent sur le terrain.

Aujourd’hui, près de 800 millions de personnes n’ont pas l’électricité dans le monde. Autre chiffre alarmant : 2,8 milliards d’individus sont dépourvus d’accès à une énergie permettant la cuisson propre des aliments. Pour les populations rurales éloignées des réseaux électriques existants, le recours à des technologies dites « hors réseau » (mini- ou nanoréseaux, kits solaires individuels, etc.) s’impose de plus en plus comme une solution pertinente. De plus, la baisse drastique des coûts des énergies renouvelables combinée au développement du numérique ouvre un éventail de solutions à la fois durables et abordables pour les populations non électrifiées.

Susciter les innovations

L’ADEME est particulièrement impliquée dans la question de l’accès à l’énergie hors réseau en Afrique subsaharienne. Du soutien aux politiques publiques au renforcement des compétences locales, en passant par le financement de projets innovants, l’Agence a joué un rôle précurseur pour la mise en œuvre de solutions pérennes, durables et adaptées aux besoins locaux. Depuis 2017, elle a lancé deux appels à projets spécifiques. Mais l’innovation technologique ne suffit pas à pérenniser l’accès à l’énergie. Sur le terrain, des innovations organisationnelles, en matière de gouvernance et de concertation locale notamment, sont également indispensables : elles permettent l’appropriation des solutions mises en place par les populations. Ces deux appels à projets ont conduit, en 2018 puis en 2020, à la sélection d’une vingtaine de projets portés par des entreprises et des ONG et répondant à ce double enjeu. Les projets de la première édition, qui touchent à leur fin, commencent à porter leurs fruits.

Une filière française engagée

Avec le Syndicat des énergies renouvelables (SER), l’ADEME anime également, depuis fin 2018, un groupe de travail national rassemblant une centaine d’acteurs français spécialisés dans l’accès à l’énergie hors réseau : organismes publics, entreprises, associations et ONG, mais également acteurs de la recherche et collectivités locales. L’objectif est de contribuer à relever le défi d’un accès universel à une énergie propre, moderne et abordable à l’horizon 2030, conformément à l’objectif de développement durable numéro 7 des Nations unies. Ce groupe de travail a formulé des recommandations destinées à lever les obstacles rencontrés sur le terrain. Elles s’articulent autour de quatre axes prioritaires : les aspects législatifs et réglementaires, la coopération entre acteurs, l’innovation et le financement des projets d’accès à l’énergie, et sont rassemblées dans un Livre blanc. En parallèle, une brochure de présentation du savoir-faire français sur l’accès à l’énergie a également vu le jour. Mis à jour régulièrement, cet annuaire permettra non seulement de dynamiser l’offre française à l’international mais aussi de renforcer les synergies entre ces acteurs aux compétences complémentaires.

L’accès à l’énergie fortement impacté par la crise sanitaire

Dans les pays ayant un faible taux d’accès à l’énergie, le ralentissement économique lié à la crise sanitaire du Covid-19 a provoqué une baisse des revenus des ménages qui doivent, pour certains, renoncer à leur facture énergétique et aux services essentiels associés. Dans son dernier rapport, paru en octobre 2020, l’Agence internationale de l’énergie est formelle : avec la crise économique et sanitaire, le nombre de personnes sans accès à l’électricité risque d’augmenter en 2020, particulièrement en Afrique subsaharienne, où 580 millions de personnes étaient concernées en 2019. C’est pourquoi l’ADEME et le Syndicat des énergies renouvelables ont intégré, dans leur Livre blanc, une série de mesures pour limiter les impacts de la crise sur les taux d’accès à l’énergie. Et en premier lieu : porter ce secteur comme un besoin essentiel étroitement lié au développement.