Terrain

Les coquilles de noix plus fortes que le solvant

Aujourd’hui, il n’y a plus que 10 tonnes de produits chimiques dans les entrepôts contre 200 auparavant.
Çadécap a l’ambition de bannir les produits chimiques de ses procédés de décapage industriel grâce à deux innovations, à base de végétaux, qui ne génèrent aucun déchet ultime.

En rachetant la PME Çadécap en 2018, William Péronne avait un objectif : faire entrer le décapage industriel dans l’ère de l’économie circulaire. Un bien pour l’environnement en général et pour les salariés en particulier. Décaper des surfaces peintes (pièces auto défectueuses, outils et supports de peinture) se faisait jusque-là à coups de sable projeté à haute pression, de soude et autres acides. « Hier, 200 tonnes de produits chimiques étaient entreposées dans nos entrepôts. Il n’y en a plus que 10 aujourd’hui et bientôt zéro », explique William Péronne. Pour parvenir à ce résultat, l’entreprise a élaboré deux techniques innovantes.

Décaper par ruissellement

La première est totalement aboutie : dans une cabine, le technicien projette à haute pression des billes de coques de fruit qui décollent les peintures. À la sortie, la machine dissocie les peintures du média végétal. Les premières seront recyclées ; le second, réduit en poudre, pourrait retourner à la terre. La deuxième technique est en phase de pré-­industrialisation. « Pour les tôles et les alliages fragiles, nous sommes en train de fabriquer un “lave-vaisselle”. Les pièces seront placées dans la ­machine, où elles seront arrosées d’un liquide végétal », explique William Péronne. La mise au point de la projection haute pression a nécessité de faire converger des technologies existantes et de construire un outil adapté. Le décapant végétal provient, lui, « de la recherche et développement à 100 % ». Un million d’euros sur trois ans ont été nécessaires au développement des deux innovations, dont 250 000 euros financés par l’ADEME Bretagne et Normandie, BPI France et les Régions Bretagne et Normandie. « Çadécap propose à ses clients industriels une solution efficace et compétitive pour décaper en réduisant fortement les impacts environnementaux », souligne Damien Grebot, de l’ADEME Normandie. William Péronne confirme : « C’est important de montrer que l’industrie, aussi, peut faire autrement. »

Qui ?

Çadécap : une PME, deux sites en Normandie, un en Bretagne.

Quoi ?

Substituer des végétaux aux produits chimiques dans l’industrie du décapage.

Pourquoi ?

Une technologie zéro pollution, zéro déchet.

Combien ?

1 million d’euros d’investissement dont 300 000 euros en R&D sur trois ans.

Partenaires ?

ADEME Bretagne et Normandie, BPI France, Régions Bretagne et Normandie

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