Exposé

Carbone des sols agricoles : retour sur 10 ans de recherche soutenue par l’ADEME

Carbone des sols agricoles : retour sur 10 ans de recherche soutenue par l’ADEME
L’ADEME contribue au groupement d’intérêt scientifique Sol (GIS Sol), participe au RNEST, le réseau national de coordination de l’expertise scientifique et technique sur les sols. Elle a mis en œuvre les appels à projets de recherche REACCTIF puis GRAINE pour mieux connaître les stocks de carbone organique dans les sols agricoles et la manière dont ils évoluent.

Le Gis Sol, dont l’ADEME est membre fondateur, a été créé en 2001 pour organiser un système d’information sur les sols de France. Il conçoit, oriente et coordonne l’inventaire géographique des sols, le suivi de leurs propriétés et l’évolution de leurs qualités.

Connaître les stocks de carbone et leur évolution

Parmi les propriétés des sols suivies dans le cadre du GIS Sol, les matières organiques et le stock de carbone qu’elles représentent sont essentiels au regard de l’enjeu pour le climat mais aussi parce que c’est une composante importante de la capacité des sols à produire de la biomasse valorisable en aliments, énergie et produits de consommation, et à fournir d’autres services environnementaux comme la régulation du cycle de l’eau ou la préservation de la biodiversité. Dans ce cadre, le GIS Sol a produit dès 2011 une carte nationale des stocks de carbone organique dans les sols, et suit maintenant leur évolution avec la mise en œuvre de la deuxième campagne d’échantillonnage du Réseau de mesure de la qualité des sols (RMQS). Le GIS Sol regroupe aujourd’hui huit partenaires institutionnels illustrant la diversité des enjeux liés à la connaissance des sols2.

Évaluer l’impact des pratiques agricoles, améliorer les méthodes de comptabilisation

L’évaluation des stocks de carbone du sol et de leur évolution, notamment sous l’effet des pratiques agricoles, est complexe. L’acquisition de références robustes demande la réalisation de suivis sur le temps long et dans différents contextes (type de sol, climat, etc.). Par ailleurs, l’importance relative des propriétés du sol et des processus déterminant la dynamique des matières organiques dans les sols est mal connue, limitant la capacité des modèles à la représenter. Développé par l’Agence entre 2011 et 2016, l’appel à projets de recherche REACCTIF (REcherche sur l’Atténuation du Changement ClimaTIque par l’agriculture et la Forêt) avait dans ses objectifs d’accroître les connaissances sur les flux de GES et les stocks de carbone de l’agriculture afin de mieux évaluer l’impact des pratiques agricoles et d’améliorer les méthodes de comptabilisation, notamment dans les inventaires territoriaux et les outils d’aide à la décision. L’objectif étant in fine de favoriser l’implication du secteur agricole dans l’atténuation du changement climatique et de faire reconnaître les progrès.

Les trois éditions de l’APR REACCTIF qui se sont succédé de 2012 à 2016 ont permis de sélectionner 11 projets portant une attention particulière au stockage de carbone en agriculture : 5 portent sur l’évaluation de l’impact des pratiques agricoles (AGRIPSOL, CARBOCAGE, ETYC, P2C et CICC), 3 sur la méthode de comptabilisation de l’effet des pratiques agricoles (CSOPRA, ABC’TERRE, SOCLE) et 3 sur l’acquisition des références dans les territoires ultramarins (C@RUN, CARSGUY, TropEmis). Les connaissances acquises ont notamment alimenté des fiches sur les pratiques agricoles à fort potentiel pour lutter contre le changement climatique et des outils de diagnostics territoriaux comme ALDO et Climagri®.

Le stockage du carbone dans le sol, un service écosystémique au cœur de la bioéconomie

La séquestration de carbone dans les sols peut être affectée par une mobilisation accrue des biomasses pour des usages non alimentaires. Elle est également considérée comme un service rendu par les écosystèmes, avec des initiatives qui se développent pour favoriser son financement. Cette thématique a donc été intégrée en 2016 dans l’APR GRAINE (Gérer, produire et valoriser les biomasses : pour une bioéconomie au service de la transition écologique et énergétique), qui vise à soutenir un développement durable de la bioéconomie en réponse à des besoins sociétaux. GRAINE a ainsi permis de soutenir de nouveaux projets analysant le potentiel des systèmes de production agricole favorables à la séquestration de carbone, et l’impact de filières de biomasse mises en avant dans les scénarios de transition énergétique.

Sept projets issus des trois premières éditions de l’APR GRAINE (de 2016 à 2020) devraient contribuer à l’avancée des connaissances sur ces thèmes. Quatre projets portent sur les systèmes de production favorables à la séquestration de carbone mais aussi à la qualité des sols et à l’adaptation aux impacts du changement climatique : CARSOLEL, PotA-GE, POSCIF et EXPLORER.