zoom

Des Français favorables à un prix croissant du carbone

Les enquêtes montrent des résultats intéressants concernant la question de la taxe carbone, qui a suscité un vif débat ces dernières années suite au mouvement des Gilets jaunes.

Les parlementaires, les élus et plus encore les décideurs économiques 1 se montrent également favorables à une augmentation de la taxe carbone (respectivement 59 %, 52 % et 69 %), et plus encore à un prix croissant du carbone conditionnel pour 78 % des parlementaires.

Selon la dernière édition du baromètre sur les représentations sociales du changement climatique, 54 % des Français se montrent favorables à une augmentation de la taxe carbone (niveau d’approbation pré-Gilets jaunes retrouvé). L’acceptation d’un prix croissant du carbone devient même très largement majoritaire (76 %) quand on spécifie une condition de réalisation (« que cela ne pénalise pas le pouvoir d’achat des ménages des classes moyennes et modestes ») et une finalité (« financer des mesures de transition écologique »). Cette conditionnalité entraîne l’approbation d’un pourcentage important de répondants a priori hostiles à l’augmentation de la taxe carbone : parmi ceux qui jugent l’augmentation de la taxe carbone « pas souhaitable », 57 % sont favorables à un prix croissant du carbone conditionnel.

Toutefois, ce consentement à la taxe carbone reste inégal selon les catégories de population : les hauts revenus, les jeunes (plus sensibles à l’environnement) et les sympathisants du mouvement écologiste y sont plus favorables.

On peut cependant relever que, conditionnée, cette taxe suscite presque autant l’adhésion des CSP+ (79 %) que des CSP- (76 %, et 73 % des inactifs). Parmi les parlementaires, les partisans de droite sont les plus réfractaires mais présentent cependant 57 % d’opinion favorable (contre 96 % pour les partisans de gauche).

Plus qu’un refus de payer cette taxe ou qu’un « ras-le-bol fiscal », il est davantage question d’équité et de justice sociale, comme le montrent l’enquête « Conditions de vie » du Credoc et l’analyse du Vrai Débat, plateforme lancée par des sympathisants du mouvement des Gilets jaunes en parallèle du Grand Débat national. D’après les chiffres du Credoc, plus d’un Français sur deux (56 %) accepterait une hausse d’impôts pour soutenir certains domaines de l’action publique, dont notamment la santé et l’environnement. Les Français attendent ainsi un État plus présent, qui régule, protège, redistribue et demande un effort fiscal plus important aux catégories les plus aisées de la population. Ils souhaitent également plus de transparence et de lisibilité dans l’utilisation des recettes fiscales.

1. Les parlementaires ont été interrogés en 2020, les élus en 2019 et les décideurs économiques en 2018. La question d’une taxe carbone conditionnelle au maintien du pouvoir d’achat et au financement de la transition n’a pas été posée aux décideurs économiques.