Édito

L’évaluation du Programme d’investissements d’avenir

Fabrice Boissier
L’édito de Fabrice Boissier, directeur général délégué de l’ADEME.

Les évaluations ex post des aides d’État de grande ampleur sont une obligation de la Commission européenne depuis 2015.  Prouver l’efficacité des aides publiques, sans qu’elles entravent la libre concurrence entre les États membres, est la condition nécessaire posée par l’UE pour la prolongation de ces aides aux entreprises. L’évaluation du Programme d’investissements d’avenir (PIA) répond également à la commande de l’État français envers les opérateurs de ce programme d’innovation exceptionnel, et découle aussi de notre propre souhait d’améliorer la conduite du dispositif que nous gérons. C’est une évaluation hors norme, par la durée des travaux (cinq ans) et sa démarche partenariale (participation de nombreux chercheurs et consultants). Alors que les standards européens privilégiaient des méthodes d’évaluation statistiques, jugées plus robustes, l’ADEME a d’emblée fait le pari d’une double approche quantitative et qualitative. Le but étant de disposer d’une analyse quantitative des impacts obtenus mais aussi d’une compréhension de ce qui a pu produire (ou empêcher de produire) ces impacts. Pari gagné, puisque la Commission européenne a au final jugé que « la combinaison de méthodes, mixtes, qualitatives et quantitatives, était recommandée et justifiée par la complexité et l’importance de l’intervention publique. Cette approche a été suivie avec succès dans cette évaluation. »