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Rafraîchir la ville : comment lutter contre le phénomène de surchauffe urbaine ?

  • Changement climatique

La France connaît des épisodes de chaleur exceptionnels par leur précocité et leur intensité, conduisant au placement de départements en vigilance orange canicule. Particulièrement exposées, les zones urbaines accumulent et amplifient la chaleur, qui s’y dissipe difficilement. Ce phénomène de surchauffe urbaine touche villes et villages dès que l’ensoleillement est soutenu. Face à cette réalité, des solutions existent, à condition d’être anticipées et déployées collectivement.

juillet 2026

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Qu’est-ce que le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) ?

Ce phénomène se caractérise par l’augmentation des températures en ville par rapport aux zones rurales avoisinantes. Il est principalement dû à la densité urbaine, aux surfaces fortement minérales et aux émissions de chaleur dues aux activités humaines. Réaliser un diagnostic de surchauffe urbaine adapté permet de mieux comprendre où la chaleur s’accumule en ville et d’identifier les endroits où agir en priorité.

Si à plusieurs kilomètres de la ville, le thermomètre affiche 18 °C, en centre-ville, il peut grimper jusqu’à 28 °C.

Les principales causes

  • Sans arbres ni sols perméables, la ville ne peut pas évacuer la chaleur : elle la stocke et la restitue la nuit.
  • Les immeubles bloquent le vent et captent le rayonnement solaire, puis restituent cette chaleur emmagasinée la nuit.
  • Le bitume absorbe la chaleur et la restitue plusieurs heures après.
  • Les véhicules et les climatiseurs rejettent de la chaleur directement dans l’air.

L’albédo est un chiffre entre 0 et 1, représentant la part des rayonnements solaires qui sont renvoyés vers l’atmosphère. Plus une surface est sombre, plus elle absorbe le rayonnement solaire (0). Plus elle est claire, plus elle le réfléchit (1).

*Source : ADEME, Diagnostic de la surchauffe urbaine, juin 2024.

Comment agir ?

Face à une hausse possible des températures en France hexagonale de +4 °C d’ici 2100, selon la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), agir sur le rafraîchissement urbain devient une priorité sociale et sanitaire.

Différents leviers existent pour réduire la surchauffe urbaine, on les appelle les solutions vertes, bleues, grises ou douces.

  • Végétaliser et renaturer (solution verte) : Introduire arbres, plantes et espaces verts pour créer de l’ombre et rafraîchir l’air grâce à l’évapotranspiration, c’est-à-dire l’émission de vapeur d’eau dans l’atmosphère depuis le sol et la surface des végétaux. En s’évaporant, cette eau refroidit l’air ambiant, à condition de disposer d’une réserve hydrique suffisante.
    Un seul arbre mature au sein d’une plantation d’arbres évapore ainsi 450 litres d’eau quotidiennement, soit l’équivalent de cinq climatiseurs fonctionnant 20 heures par jour*.
  • Créer des toitures végétalisées (solution verte) : Couvrir les toits de végétation pour isoler les bâtiments et limiter la chaleur emmagasinée.
  • Renaturer des cours d’eau (solution bleue) : Restaurer rivières et ruisseaux urbains pour recréer des corridors de fraîcheur en ville.
  • Créer des jeux d’eau (solution bleue) : Installer des fontaines et brumisateurs dans les espaces publics pour rafraîchir les usagers et l’air ambiant, sous réserve de la disponibilité de la ressource en eau et de la réutilisation de cette dernière.
  • Utiliser des revêtements adaptés (solution grise) : Par exemple, des sols perméables qui absorbent l’eau de pluie et favorisent le rafraîchissement par évaporation et/ou des surfaces claires qui réfléchissent la lumière solaire et ne l’absorbent pas.
  • Faire appel à la conception bioclimatique (solution grise) : Concevoir les bâtiments et les espaces en tenant compte de l’orientation, du vent et de l’ensoleillement pour limiter les apports de chaleur.
  • Créer des structures d’ombrage pérennes et durables (solution grise) : Déployer des pergolas, voiles ou auvents pour protéger les espaces publics du rayonnement solaire direct.
  • Transformer les cours d’école en îlots de fraicheur (solution mixte) : Désimperméabiliser et créer des espaces végétalisés et ombragés, bénéfiques pour les élèves et le quartier. Cela permet de régénérer le cycle de l’eau, de lutter contre les inondations, et de développer la biodiversité tout en apportant du confort aux habitants.
  • Ouvrir au public des lieux frais (solution douce) : Permettre aux habitants de se rafraîchir par l’ouverture et éventuellement gratuité de lieux climatisés tels que les bibliothèques, musées ou alors retarder la fermeture des piscines publiques, etc.
  • Mutualiser la production de froid et valoriser les ressources énergétiques locales (solution grise) : Utiliser des réseaux de froid urbains (RFU) permet de fournir une alternative efficace à la climatisation. En effet, ces réseaux mutualisent les besoins énergétiques de plusieurs bâtiments, exploitent les ressources locales comme la géothermie et l’aquathermie, et utilisent des technologies de pointe inaccessibles aux systèmes de climatisation individuels.

*Source : ADEME, Tout comprendre : le changement climatique, novembre 2024.

Un défi collectif

Élus, aménageurs, gestionnaires, habitants… Les solutions de rafraîchissement urbain impliquent une multitude d’acteurs et s’articulent à des échelles spatiales et temporelles très différentes, du bâtiment au territoire. Une analyse fine des enjeux du territoire et une vision long terme sont indispensables.

Pour être efficaces, les solutions doivent respecter quelques principes clés

  • Analyser avant d’agir : Évaluer le climat, le microclimat et la vulnérabilité du site à la surchauffe urbaine afin de mettre en oeuvre un ensemble de solutions adaptées au projet.
  • Prioriser les efforts : Toutes les situations ne se valent pas, certains secteurs sont plus vulnérables et doivent être traités en premier.
  • S’appuyer sur les retours d’expérience : Alors que les chaleurs estivales méditerranéennes s’étendent progressivement à une grande partie du territoire, le partage d’expériences est essentiel pour guider les projets de rafraîchissement urbain.
  • Combiner les solutions : Pour maximiser le rafraîchissement urbain et les co-bénéfices tels que la biodiversité, le bien-être ou encore la lutte contre les inondations.
  • Coordonner les acteurs : Faire travailler ensemble élus, aménageurs, gestionnaires et usagers, à toutes les échelles du territoire.
  • Anticiper les évolutions climatiques : Concevoir dès aujourd’hui des solutions adaptées à une France à +4 °C.
  • Planifier : Faire du rafraîchissement un objectif pour les communes, en l’intégrant dans les plans climat (PCAET/PCAEM), les schémas de cohérence territoriale (SCoT) et les règles d’urbanisme (PLU, PLUi).

Sources :

• ADEME, Rafraichissement urbain : luttez contre l’effet d’îlot de chaleur, mai 2026

• Service numérique de l’ADEME Plus fraîche ma ville

• ADEME, Rafraichissement urbain : comprendre et agir, mai 2026

• ADEME, Rafraîchir les villes, mai 2021

• ADEME, Diagnostic de la surchauffe urbaine, juin 2024

• ADEME, Le kit technique de solutions de rafraîchissement urbain, septembre 2024

• ADEME, Agir pour rafraîchir durablement nos villes et villages, juin 2026

• ADEME, Vagues de chaleur : de nouveaux outils pour rafraîchir, dans l’espace public et au travail, juin 2026

Sources
  • ADEME, Rafraichissement urbain : luttez contre l’effet d’îlot de chaleur, mai 2026
  • Service numérique de l'ADEME Plus fraîche ma ville
  • ADEME, Rafraichissement urbain : comprendre et agir, mai 2026
  • ADEME, Rafraîchir les villes, mai 2021
  • ADEME, Diagnostic de la surchauffe urbaine, juin 2024
  • ADEME, Le kit technique de solutions de rafraîchissement urbain, septembre 2024
  • ADEME, Avis de l'ADEME - Agir pour rafraîchir durablement nos villes et villages, juin 2026
  • ADEME, Communiqué de presse - Vagues de chaleur : de nouveaux outils pour rafraîchir, dans l’espace public et au travail, juin 2026
Sur le même sujet
  • #aménagement urbain
  • #changement climatique
  • #Îlot de chaleur
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