En mai 2025, le concepteur et fabricant d’équipements de vélo Zéfal s’est lancé dans une course contre la montre : l’entreprise a profité de l’été pour arrêter totalement son système de chauffage au gaz naturel, afin de le remplacer par un système de géothermie avant l’arrivée de l’hiver. Le défi a été relevé : aujourd’hui, les 11 714 m² de production et de stockage, ainsi que les 1 309 m² de bureaux de cette entreprise située à Jargeau, à l’est d’Orléans, sont chauffés à 85 % par cette énergie renouvelable.
Un soutien grâce au Fonds chaleur
Si l’installation opérationnelle a dû être effectuée dans un temps record, l’idée de remplacer les deux chaudières au gaz par la géothermie était dans les tuyaux depuis plus de 10 ans. Dès 2014, Zéfal a lancé une étude pour optimiser sa consommation d’énergie, et le choix de la géothermie s’était déjà imposé. « Le projet était à l’époque assez complexe, mais désormais, les techniques et les connaissances de la nappe ont évolué, ce qui nous a poussé à relancer ce projet, » note Matthieu Brunet, PDG de Zéfal. Le coût total de l’opération s’élève à 1 189 000 euros, dont environ la moitié financée en fond propre par l’entreprise. Dans le cadre du Fonds chaleur, opéré par l’ADEME, le projet a bénéficié de 373 290 euros de subventions. « L’ADEME a également réalisé l’instruction technique et administrative du projet, puis le conseil régional a complété cette aide grâce à la subvention européenne FEDER (Fonds européen de développement régional, NDLR), » explique David Magnier, coordinateur de pôle transition énergétique pour l’ADEME. 186 746 euros ont donc également été apportés par le conseil régional du Centre Val-de-Loire.
10 % d’émissions en moins
Grâce à ce nouveau système de chauffage, l’entreprise évitera l’émission de 398 tonnes de CO2 par an, soit une baisse d’environ 10 % de ses émissions. Cette réduction est d’autant plus la bienvenue qu’« une partie du bâtiment date de 1901 : il s’agit d’un beau site, très grand, mais avec une facture de gaz très lourde, » explique Matthieu Brunet. En effet, 200 000 euros étaient dédiés chaque année au chauffage du bâtiment. Ainsi, si le coût total du projet dépasse le million d’euros, Zéfal espère avoir un retour sur investissement relativement rapide. Les objectifs environnementaux et économiques désormais atteints, l’entreprise doit maintenant s’habituer à ce nouveau chauffage. Déjà en fonctionnement depuis quelques mois, la système de géothermie connaît une phase de rodage : « Comme dans tous les démarrages, certains réglages doivent être faits pour optimiser le procédé, notamment lors des périodes où il fait très froid comme en janvier dernier, » note David Magnier.
Un territoire particulièrement propice
La réussite d’un tel projet dépend de la qualité de la ressource en eau, tant en termes de température que de risques chimiques et biologiques, pouvant affecter le fonctionnement et la pérennité de l’installation. Cependant, la région Centre Val-de-Loire est déjà connue pour son potentiel géothermique quasi illimité, grâce à des roches réservoirs faciles à exploiter et à un gradient thermique (la variation de la température de l’air avec l’altitude) favorable. Résultat, « le nombre de projets de géothermie financés par le Fonds chaleur sur ce territoire est en forte hausse, passant de 8 en 2020 à 43 en 2025, » explique David Magnier.