Autour du monde

Éolien offshore : des coopérations au service de l’innovation

Les partenariats internationaux noués par l’ADEME favorisent la coopération d’entreprises innovantes. Dans le secteur ultra-concurrentiel de l’éolien offshore, la France, la Corée
et le Japon comptent bien unir leurs forces pour exister.

L’éolien offshore fournit aujourd’hui 0,3 % de l’électricité mondiale. Pourtant, un rapport de l’International Energy Agency évoquait en 2019 un potentiel équivalent à 18 fois la demande mondiale en électricité ! Moyen de produire de l’électricité renouvelable à grande échelle, ce type d’éolien offre un avantage majeur dans la course aux nouveaux vecteurs énergétiques. Il faut néanmoins distinguer l’éolien posé (sur les fonds marins), déjà très développé, de l’éolien flottant, un secteur prometteur qui reste à construire.

Des points communs à exploiter

« La Corée, le Japon et la France possèdent un réel potentiel en matière d’éolien flottant, explique Vincent Guénard, animateur pôle Éolien et énergies marines à l’ADEME. Tous trois dotés de grandes capacités industrielles, ils partagent aussi la même faiblesse : le conflit d’usage de la mer avec l’industrie de la pêche. » Les trois pays accusent aussi un certain retard : ils ne possèdent pas autant d’éoliennes en mer que l’Allemagne, l’Angleterre ou la Chine. « Avec nos homologues japonais [la NEDO] et coréen [le KEA], nous cherchons donc à motiver les acteurs innovants de l’éolien offshore en créant les conditions d’émergence de coopérations », poursuit Vincent Guénard. Objectif : allier le savoir-faire des grands énergéticiens (EDF, Total ou encore Engie) et équipementiers français (General Electric, BW Ideol, etc.) avec l’expertise en construction navale japonaise et coréenne. Pour ce faire, l’ADEME et le KEA ont organisé, en juin 2021, un séminaire dédié. Il a permis de dresser un état des lieux du secteur de l’éolien offshore dans les deux pays, de valoriser les expertises d’entreprises volontaires et d’esquisser des pistes concrètes de collaboration, comme le financement d’études sur la gestion des conflits d’usage, par exemple. Mi-mars 2022, à Tokyo, l’ADEME et la NEDO célébreront les 30 ans de leur coopération. « Ce sera l’occasion de réitérer l’exercice », confie Vincent Guénard. Avec un espoir : impulser les synergies nécessaires pour gagner sa place dans la course mondiale à l’éolien flottant.