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Sobriété : un incontournable de la transition écologique

Trois des quatre scénarios de l’étude prospective Transition(s) 2050 de l’ADEME accordent une place clé à la notion de sobriété. Avec une conclusion : repenser nos modes de consommation et de production sera indispensable pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

La sobriété consiste à nous questionner sur nos besoins et à les satisfaire en limitant leurs impacts sur l’environnement. La réduction de la demande en énergie, elle-même liée à la demande de biens et de services, est un facteur clé pour atteindre la neutralité carbone. Cette réduction peut aller de 23 % à 55 % par rapport à 2015, selon les scénarios de l’étude prospective Transition(s) 2050. « Chaque scénario repose sur un équilibre différent entre sobriété et efficacité énergétique, explique Patrick Jolivet, directeur des Études socio-économiques. Dans un cas, il s’agit de repenser nos besoins, dans l’autre de repenser la manière de produire les biens et les services afin de réduire les consommations d’énergie. »

Accompagner la transition

Dans le premier scénario, « Génération frugale », la notion de sobriété est poussée à son maximum, avec par exemple une consommation de viande divisée par trois. À l’inverse, le dernier scénario, « Pari réparateur », propose de conserver nos modes de vie et de miser sur les technologies pour compenser. « Ces deux scénarios sont, selon nous, les plus risqués, précise Patrick Jolivet. Il semble évident qu’il faudra aller vers un mode de vie plus sobre, mais la question est de savoir jusqu’où il est souhaitable et réalisable d’aller. »

Selon le baromètre d’opinion « les Français et l’environnement », réalisé par l’ADEME, la sobriété est une aspiration croissante chez les Français. Mais jusqu’où sont-ils prêts à aller pour changer leur mode de vie ? « On s’aperçoit que la question du pouvoir d’achat reste très importante pour les Français, qui conservent un idéal de consommation très fort. »

Si la sobriété n’est donc pas encore une aspiration majoritaire, quels dispositifs mettre en place pour accompagner la transition ? « Prenons l’exemple de la limitation de la vitesse sur autoroute. Lors des débats de la Convention citoyenne pour le climat, les 150 Français du panel étaient majoritairement contre au début, et ils ont changé d’avis. Lorsqu’on prend le temps de poser les enjeux, d’expliquer les leviers et d’en débattre collectivement, les citoyens sont capables de dépasser leurs intérêts individuels », conclut Patrick Jolivet.