Avec la transition écologique, de nouveaux métiers émergent. Pour anticiper les évolutions du marché, il est essentiel de préparer les talents de demain en ajustant l’offre de formation aux compétences émergentes. C’est ce qu’expliquent les deux expertes interviewées ici.
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Elle a aussi créé People4Impact, une plate-forme dédiée aux experts freelances de la RSE. Et elle vient de publier un livre intitulé 5 étapes pour se reconvertir dans la RSE et l’impact.
Elle pilote notamment le programme « Compétences et Métiers d’Avenir » et dirige le projet Butterfly 2050, qui mobilise les jeunes pour imaginer les manières de vivre, d’apprendre et de travailler de demain.
Il en existe deux types. D’un côté, on trouve les nouveaux métiers de la transition écologique, c’est-à-dire les spécialistes de la décarbonation, de l’économie circulaire, de la mesure d’impacts, etc. De l’autre, on a des métiers existants qui doivent évoluer en intégrant les enjeux environnementaux dans leurs pratiques. C’est le cas des logisticiens, des communicants, des financiers, ou encore des dirigeants d’entreprise.
C’est pourquoi, en plus de soutenir l’émergence de nouvelles filières industrielles, le programme France 2030 investit dans la création et l’adaptation de formations. L’offre de formations doit répondre aux besoins, présents et futurs, des entreprises confrontées à la transition écologique, tout en accompagnant leurs salariés dans l’acquisition de nouvelles compétences.
Lancé dans le cadre du plan France 2030, cet Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) vise à financer le développement de formations adaptées aux métiers en profonde mutation, en particulier ceux liés à la transition écologique. L’objectif est d’accompagner l’évolution des compétences nécessaires aux secteurs émergents et d’avenir. Si toutes les filières soutenues ne relèvent pas directement de la transition écologique, l’État a néanmoins fixé l’exigence que la moitié des 2,5 milliards d’euros alloués à cet AMI contribue à la décarbonation de l’économie. Par ailleurs, le jury, composé pour moitié de jeunes étudiants, sélectionne les dossiers au prisme des questions écologiques et environnementales. Les deux opérateurs de l’État chargés de cet appel – l’Agence nationale de la recherche (ANR) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s’assurent ensuite des actions mises en oeuvre. Parmi les projets sélectionnés, certains concernent la création de formations pour de nouvelles filières stratégiques, comme l’hydrogène décarboné ou le recyclage. D’autres consistent en l’adaptation de cursus existants afin d’y intégrer les enjeux environnementaux. C’est le cas, par exemple, du projet DecarboChim, qui intègre dans les parcours de formation en chimie des modules dédiés à l’économie circulaire et à la réduction des émissions de CO2
Elles ont des équipes dédiées à la RSE. Mais il est vrai qu’elles y consacrent beaucoup moins d’argent qu’à l’intelligence artificielle, par exemple. Les programmes de formation sur les enjeux environnementaux ou sociaux sont des investissements à moyen terme, dont on ne voit pas tout de suite la valeur ajoutée. Or, les dirigeants d’entreprise raisonnent plutôt sur le court terme. Ce qui fait réellement bouger les choses, ce sont les échanges entre pairs, au sein des fédérations professionnelles ou d’associations comme le Club des directeurs du développement durable (C3D). Le partage d’expériences, sur ce qui marche ou pas, ce qui rapporte ou non, c’est ce qu’il y a de plus convaincant.
Il y a aujourd’hui une réelle quête de sens chez les gens. Beaucoup veulent se former, se reconvertir. Mais avec une tendance à idéaliser : leur futur job doit être utile, avec des équipes ouvertes au changement et la possibilité d’être en télétravail à 100 %. Le plus souvent, la réalité est différente : il faut se battre pour faire avancer les choses, et être sur le terrain. Prenons l’exemple d’un directeur RSE dans un groupe de la distribution : il va se faire critiquer pour ne pas en faire assez pour la planète, et aussi rencontrer la résistance de ses fournisseurs. Cela peut être difficile si on n’y est pas préparé. Mais c’est passionnant !
La question de l’attrait de ces métiers est centrale, nous avons particulièrement mobilisé les porteurs de projets pour qu’ils puissent nous proposer des solutions : les projets lauréats développent tous un travail pour aborder la question. Par ailleurs, l’attelage public-privé dans le cadre de cet AMI, incarne plus concrètement les métiers et leurs impacts positifs pour la planète. On est là face aux nouveaux paradigmes de l’activité humaine. Le sens donné au travail est un élément primordial.