Dans la communauté d’agglomération de Blois, où la voiture individuelle reste largement dominante, le Relais Azalys, un tiers-lieu dédié aux mobilités durables, a ouvert ses portes en juin 2025. Ce projet co-construit avec les habitants et les acteurs locaux vise à réduire la dépendance à l’automobile en centralisant l’offre de transports alternatifs (bus, vélos, covoiturage, autopartage) et en proposant des services aux usagers, comme des ateliers de réparation, et des animations autour de la mobilité durable.
Une co-construction avec les habitants et les acteurs locaux
Située au cœur du Loir-et-Cher, à la croisée d’espaces ruraux et périurbains, la communauté d’agglomération de Blois a choisi d’anticiper les enjeux liés à l’urbanisation et à la dépendance à la voiture. Concrètement, le Relais Azalys permet aux usagers d’acheter ou de recharger leurs titres de transport, de réserver un service de transport à la demande, de louer un vélo ou encore de s’abonner à un stationnement vélo sécurisé. Dès sa conception, le Relais a été imaginé comme un projet collaboratif et évolutif. « L’acquisition d’un local neuf face à la gare a constitué l’élément déclencheur du projet. Puis, une large concertation a été menée avec les habitants, les associations et les collectivités pour éviter de créer un simple guichet supplémentaire », explique Bruno Ravenel, responsable du Relais Azalys. Aujourd’hui, le lieu est géré conjointement par Agglopolys, la communauté d’agglomération de Blois, et l’opérateur de transport Keolis Blois. Un mode de gestion qui permet d’assurer la continuité des services existants (bus, navettes, transport à la demande, location de vélos) tout en favorisant l’accompagnement des usagers.
c’est le tarif de l’abonnement annuel au service de location de vélo (ou 50 € par mois)
au service de location de vélos en mars 2026
Des actions concrètes pour une mobilité plus inclusive
Le Relais propose notamment un espace d’accueil et de conseil pour optimiser les trajets en combinant par exemple bus et vélo. « Le conseil personnalisé aux usagers est l’axe principal du Relais », détaille le responsable, « mais notre ambition est de faire un lieu vivant où on réfléchit sur nos façons de nous déplacer, où on apprend à réparer un vélo, où on rencontre d’autres usagers ». Un programme d’animations doit être déployé, avec des événements organisés en partenariat avec les associations locales, des ateliers de réparation ou de remise en selle et des expérimentations, notamment autour de la logistique urbaine en vélo-cargo. « Pour l’instant, ce qui freine c’est le manque de moyens humains », reconnaît le responsable. En effet, en plus de son poste, la structure ne compte aujourd’hui que trois employés : deux personnes à l’accueil et au conseil et un technicien dédié aux réparations de cycle.
Objectif : diversifier le public
Si actuellement les renouvellements d’abonnement au service de location de vélo constituent la moitié des demandes des usagers du lieu, l’objectif est d’élargir à la fois l’offre et le public. « Depuis l’ouverture, nous avons gagné en visibilité et les usagers commencent à se diversifier. Aujourd’hui, tout le défi consiste à en capter de nouveaux, en élargissant la base socio démographique », décrypte Bruno Ravenel. C’est un des enjeux du projet : cibler les publics les plus éloignés des alternatives à la voiture (personnes âgées, habitants des zones rurales, actifs en horaires décalés) pour réduire les inégalités d’accès à la mobilité. « Un des leviers pour y parvenir sera de diversifier notre flotte de véhicules en location en proposant, courant 2026, un vélo adapté (tricycle) et, dans les années à venir, un véhicule intermédiaire à propulsion », reprend le responsable.
Lauréat de l’Appel à Manifestation d’Intérêt TENMOD (Territoires de nouvelles mobilités durables) porté par l’ADEME en 2021, ce projet a obtenu un financement de 100 000 €. Ce soutien a notamment permis de recruter un chargé de mission ainsi qu’un assistant à maîtrise d’ouvrage. L’ADEME a également fourni un accompagnement méthodologique précieux, en particulier pour l’analyse des modes de gestion et la structuration des partenariats. Par ailleurs, ce projet s’inscrit dans une dynamique plus globale de transition écologique, en cohérence avec le Plan Climat-Air-Énergie Territorial et le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal de la communauté d’agglomération.
Pour l’heure, le Relais Azalys a atteint ses premiers objectifs en matière de fréquentation, avec plus de 8 000 visiteurs accueillis depuis son ouverture. Face à la demande croissante, une liste d’attente a même dû être mise en place pour les nouvelles demandes d’abonnement aux services de location de vélos.
par an, c’est l’objectif fixé par le Relais
de coût en fonctionnement (services vélos et autres modes)
d’aménagement et d’équipements (mobilier, atelier vélo)
d’acquisition du local