Selon le baromètre Sobrinum réalisé par Sciences Po et soutenu par l’ADEME, la majorité des répondants a conscience de l’impact du numérique sur l’environnement et sur la société. Toutefois, cette prise de conscience ne se traduit que partiellement par des changements de pratiques.
Comment les Français perçoivent le numérique ?
Plus de la moitié des répondants (56 %) déclarent avoir un usage élevé du numérique, tout en étant conscients de son impact environnemental et sociétal.
À l’échelle individuelle
On un avis positif :
- 73 % considèrent qu’Internet et les technologies de l’information permettent de gagner du temps
- 72 % qu’il permet d’être mieux informé
On un avis négatif :
- Plus de 50 % estiment que le numérique prend trop de place dans leur vie
À l’échelle collective
On un avis positif :
- Près de 82 % estiment qu’il contribue aux grandes avancées scientifiques
On un avis négatif :
- Plus de 8 sur 10 estiment que le numérique est trop présent dans la société et nuit aux relations sociales
- 88 % considèrent l’impact environnemental du numérique préoccupants
- Près de 2/3 anticipent une aggravation du problème dans les années à venir
- 86 % estiment que le numérique est néfaste pour le développement des enfants
Et l’IA générative ?
- Près de 2/3 considèrent que cette technologie menace l’environnement
- 34 % pensent que la France doit être leader dans ce domaine
Connaissent-ils les solutions pour réduire l’impact écologique du numérique ?
Les répondants sont conscients des solutions qui existent pour réduire l’impact lié à la fabrication et l’achat d’appareils numériques. Cependant, au quotidien, les bons gestes en faveur d’une utilisation responsable des services numériques semblent moins identifiés.
Pour l’achat, les différentes solutions connues sont :
- Pour 65,3 % l’augmentation de la durée de vie de ses appareils
- Pour 64,4 % la réparation
- Pour 45,3 % posséder moins d’appareil
Pour l’usage, les différentes solutions connues sont :
- Pour 43,4 % la limitation de l’usage de l’intelligence artificielle générative
- Pour 35,1 % privilégier l’audio à la vidéo lors des appels téléphonique
- Pour 32,6 % éviter de regarder ou de filmer en haute définition ou très haute définition
Ont-ils fait évoluer leurs pratiques ?
Malgré une conscience globale des enjeux par les personnes interrogées, peu déclarent modifier leurs comportements.
- 5 % indiquent avoir renoncé à un achat pour raison environnementale
- 43 % affirment ne jamais avoir recyclé (appareils jetés ou conservés sans être utilisés)
- 56 % préfèrent acheter leur appareil neuf (plutôt que reconditionné)
Les autres questions du baromètre montrent que pour favoriser un changement de pratiques vers davantage de sobriété numérique, il apparait utile de mieux valoriser les bénéfices personnels associés, tels que le bien-être mental ou les économies réalisées.
Qui peut agir ?
Les répondants considèrent que la réduction de l’impact environnemental du numérique devrait également être portée par les entreprises du secteur et l’État.
Selon les répondants, les acteurs prioritaires pour agir sont :
- Les entreprises du numérique : 43 % privilégient l’action des entreprises, via des offres numériques plus écologiques, services et équipements confondus.
- L’État : 30 % souhaitent un rôle renforcé de l’État, notamment via la régulation des produits et services numériques.
- Les individus : 22 % considèrent que les par ticuliers constituent un levier d’action, notamment à travers des achats et des pratiques plus responsables.
Sources : Enquête ADEME / Sciences Po, « Sobriété numérique : mesure de la compréhension des pratiques numériques et de leur impact environnemental ». 2063 personnes interrogées de plus de 18 ans.
Le programme CEE Alt IMPACT porté par l’ADEME, l’Inria et le CNRS.