Avec la loi AGEC, les métiers de la réparation trouvent un nouveau souffle

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) a contribué à redonner de la valeur aux métiers de la réparation, grâce à plusieurs dispositifs incitant à prolonger la durée de vie des appareils de la maison. C’est particulièrement le cas pour les équipements électriques et électroniques.


Adoptée en 2020, la loi AGEC a d’abord obligé les magasins à afficher l’indice de réparabilité de chacun des modèles vendus, dans plusieurs catégories d’équipements : ordinateurs, lave-vaisselle, aspirateurs… Cette note sur 10, accompagnée d’un picto « outil », sera progressivement remplacée par l’indice de durabilité. Illustré par un sablier, celui-ci reprend les critères de l’indice de réparabilité : disponibilité et prix des pièces détachées, facilité à démonter le produit, etc. Il tient aussi compte de la performance et de la fiabilité, de la résistance aux contraintes et à l’usure, de la facilité de maintenance et de la durée de garantie. Certains revendeurs de téléviseurs et les lave-linges l’ont adopté en 2025. D’autres appareils vont suivre.

« Les études montrent que ce type d’indices ne fait pas qu’orienter les achats vers une consommation plus responsable, souligne Anne-Charlotte Bonjean, coordinatrice du pôle durabilité et ressources à l’ADEME. Les fabricants se servent aussi de la synthèse de la note des indices comme d’un cahier des charges, avec des critères à cocher, pour améliorer leurs produits. » Et cela se voit en magasin : « Les notes de réparabilité ont augmenté depuis 2021, confirme Laurent Cheron, artisan réparateur et distributeur d’équipements de la maison. Si certaines marques se sont contentées d’améliorer l’accès à leurs documentations techniques – et c’est déjà bien –, d’autres font de réels efforts. Elles s’arrangent, par exemple, pour utiliser les mêmes pièces sur plusieurs modèles, pour garantir leur disponibilité sur le long terme. »

Réparateur, un métier d’avenir

Laurent Cheron se définit comme un distributeur responsable. « J’ai toujours sélectionné les produits les plus durables, en prenant en compte l’aspect financier et l’usage. L’arrivée des indices n’a donc pas changé ma façon de travailler. En revanche, dans les autres magasins, les vendeurs sont rarement formés à ces indices et à l’impact écologique des appareils. Si les indices permettent aux clients d’avoir un minimum d’informations, il vaut toujours mieux avoir une explication de la note par un professionnel pour faire un achat réellement éclairé », reconnaît-il. La création de ces indices a aussi pour objectif de rappeler aux consommateurs le réflexe que doit être la réparation. Si le réparateur est labellisé QualiRépar, ils peuvent bénéficier d’un bonus pouvant aller jusqu’à 60 euros sur une réparation. Résultat : « Le métier n’est plus en voie de disparition, c’est un métier d’avenir qui a du sens, qui est utile et rend service dans notre quotidien. » Laurent Cheron a même pu recruter deux techniciens supplémentaires, dont une femme.