La Communauté de communes Bretagne porte de Loire a inauguré en mars 2025 un nouveau bâtiment dédié à la jeunesse et au numérique. Pour en aménager les deux étages, elle a lancé un marché public dans lequel elle imposait que 100 % des meubles soient issus du réemploi, de la réutilisation, du reconditionnement ou du surcyclage.
« Le résultat est d’une telle qualité qu’on dirait du neuf. Si les gens ne sont pas au courant, ils ne peuvent pas se douter que l’ensemble vient du réemploi. Quand ils l’apprennent, ils sont agréablement surpris, ce qui les rend plus à même de suivre cet exemple », se félicite Hélène Akkouche, chargée des transitions de l’économie dans cette collectivité de 33 000 habitants située à 30 km au sud de Rennes. Si l’initiative est réussie, c’est que les élus n’ont pas attendu la livraison du bâtiment pour penser aux meubles. Le marché a été publié un an avant la fin programmée du chantier et, une fois attribué, il donnait six mois aux prestataires pour réunir les éléments demandés.
Rien de neuf ni de recyclé
« Nous ne nous sommes pas contentés d’ajouter une clause dans le marché. Nous avons imposé que l’intégralité des meubles soit issue du réemploi, de la réutilisation ou du reconditionnement, insiste Hélène Akkouche. C’était l’un de nos engagements dans le programme Territoires économes en ressources (TER). » Porté par l’ADEME en Bretagne, celui-ci a financé pendant trois ans, de 2022 à 2025, un poste de chargé de mission pour soutenir le développement local de l’économie circulaire.
Ce temps humain a été précieux, car il ne s’agissait pas d’acheter sur catalogue. Il fallait faire le lien avec les fournisseurs, notamment quand le chantier a pris du retard et qu’un problème de stockage, heureusement anticipé, s’est posé. Comme la plupart des acteurs du réemploi sont des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) ou de petites entreprises à mission sociale, le marché a été découpé en dix lots pour qu’elles se sentent en capacité de répondre. Au final, sept prestataires, situés au plus loin à Brest ou à Angers, ont été retenus.
ont trouvé une seconde vie grâce à ce marché.
Une vitrine pour les acteurs du réemploi
Le coût total du mobilier est resté dans l’enveloppe prévue, équivalente à ce qu’aurait représenté un achat neuf. « L’objectif n’était pas de réaliser des économies, précise Hélène Akkouche, mais de soutenir la production locale et les pratiques vertueuses. Pour la première fois, le critère du prix ne comptait que pour un tiers dans la sélection des candidats, au profit des aspects techniques (35 %), sociaux (15 %) et environnementaux (15 %). Le choix d’accepter des meubles surcyclés – conçus avec des matériaux de seconde main – illustre cette volonté. » Le pari est réussi. La collectivité n’a pas consommé de nouvelles ressources. Elle a soutenu l’insertion de personnes éloignées de l’emploi. Et, en mettant en lumière les savoir-faire de son territoire, la démarche a permis à plusieurs fournisseurs d’être contactés par des entreprises et communes locales intéressées par leurs réalisations.