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En France, la rénovation énergétique s’accélère

Avec près de 7 milliards d’euros de subventions publiques d’ici à 2022, la rénovation énergétique des bâtiments est au cœur du plan de relance du gouvernement français à la suite de la crise sanitaire. Une mobilisation à la hauteur des enjeux climatiques puisque le secteur du bâtiment représente 43 % des consommations énergétiques annuelles françaises et génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre nationales.

Des logements mieux isolés. Des écoles moins énergivores. Des immeubles de bureaux plus respectueux de l’environnement. Telles sont les ambitions du plan France Relance, dévoilé en septembre 2020. Destiné à booster l’économie nationale sur deux ans, ce programme d’investissement public (100 milliards d’euros au total, dont 30 pour la transition énergétique) fait la part belle à la rénovation énergétique des bâtiments. Dans le détail, le plan accorde 4 milliards d’euros au traitement des bâtiments publics tertiaires tels que les universités, les écoles primaires, les administrations ou encore les établissements accueillant du public. Une enveloppe conséquente qui répond à un besoin réel : plus de 4 000 projets de rénovation sur tout le territoire métropolitain et ultramarin ont été soumis en quelques semaines.

Une prime à la rénovation globale

Du côté de l’habitat privé, MaPrimeRénov’, l’aide financière phare de l’Agence nationale de l’habitat, bénéficie d’un budget en hausse évalué à 2 milliards d’euros sur 2021 et 2022. Elle est dorénavant accessible à tous les propriétaires bailleurs et occupants, quels que soient leurs revenus. Autre nouveauté, les copropriétés y sont désormais éligibles pour les travaux des parties communes. Et ce n’est pas tout. L’acte II de MaPrimeRénov’ inclut également un bonus pour inciter les ménages aux revenus intermédiaires et supérieurs à privilégier la rénovation globale (c’est-à-dire réalisée en une seule fois) aux travaux étape par étape. La raison ? « Moins il y a d’étapes de travaux, meilleure est la performance au final », résume Nicolas Doré, responsable adjoint du service Bâtiment à l’ADEME.

Un investissement public sans précédent

Aux 6 milliards d’euros du plan de relance pour les logements privés et bâtiments publics s’ajoutent 500 millions pour la réhabilitation lourde du parc social, et 200 millions pour la performance énergétique des bâtiments des TPE-PME. Sans oublier la création d’un fonds de soutien à la construction durable. Soit un total de près de 7 milliards d’euros. « Il s’agit d’un coup d’accélérateur sans précédent en faveur de la rénovation et la transition énergétique. Toutes les typologies de bâtiments sont concernées », se réjouit Nicolas Doré. L’espoir suscité ne doit pas pour autant faire oublier les freins qui subsistent. Par exemple, la rénovation globale implique des coûts de travaux conséquents et à assumer en une seule fois par les ménages. Deuxième axe de progrès, la capacité de la filière du bâtiment à absorber les gros volumes induits par les subventions allouées.

Un observatoire de la rénovation énergétique

Comment mesurer les dynamiques de rénovation des bâtiments ou la lutte contre la précarité énergétique ? Le Commissariat général au développement durable (CGDD) pilote depuis 2019 l’observatoire national de la rénovation énergétique. Fin 2020, le CGDD et l’ADEME ont proposé d’élargir les missions de l’observatoire. Le tout pour « bénéficier d’un état des lieux fiable, d’outils de mesure pertinents et d’indicateurs de suivi précis et diffusables des travaux sur les bâtiments les plus énergivores, financés ou non par des aides publiques », répond Nicolas Doré.

Simul’Aides, un allié de poids

En ligne sur le site www.faire.gouv.fr, le calculateur Simul’Aides est le seul outil public numérique en France à recenser l’ensemble les aides à la rénovation privées et publiques, nationales et locales. Créé par l’ADEME il y a cinq ans et d’abord expérimenté en région, il couvre dorénavant l’ensemble de l’Hexagone. En seulement quelques clics, il identifie les subventions financières disponibles et les critères d’éligibilité pour chaque ménage. Un guide très utile pour les conseillers FAIRE, qui renseignent les particuliers sur les (parfois très) nombreuses aides disponibles. Et l’enjeu est de taille : les subventions couvrent en moyenne 30 % du coût des travaux, avec un montant moyen de 4 900 euros par ménage.
www.faire.gouv.fr/aides-de-financement/simulaides