« Anticiper, comprendre et entreprendre »

L'édito de Xavier Timbeau, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques.

L’impératif climatique implique une transformation en profondeur de nos économies. Depuis peu on dispose de scénarios de sources diverses qui décrivent comment cette transformation pourrait avoir lieu. Les quatre scénarios de l’ADEME s’ajoutent à ceux construits par le GIEC, l’IEA, Négawatt, le Shift Project ou la Commission européenne. Ils divergent parfois dans leurs conclusions mais leurs ambitions sont comparables : proposer une trajectoire qui nous conduit à la décarbonation complète pour 2050 suffisamment détaillée et réaliste pour prendre la mesure de la transformation.

On peut tirer trois conclusions majeures de ces analyses. La première est que la transformation est non seulement géophysiquement possible et souhaitable (IPPC special report 1.5°C), mais elle est aussi macro-économiquement possible. La seconde est que la transformation demande un effort d’investissement supplémentaire, elle peut coûter (produire sans carbone coûte plus cher) mais l’investissement supplémentaire peut en partie compenser le surcoût. La relocalisation de la production d’énergie améliore l’empreinte carbone des pays consommateurs en réduisant leur dépendance énergétique. La troisième est que le redéploiement des productions, des investissements ou des modes de consommation que nécessite la transformation sera un bouleversement. C’est à cela qu’il faut se préparer et l’analyse qui est présentée ici n’a pas d’autre intention.