« Sortir des fossiles, pour une entreprise, c’est une façon de se projeter dans l’avenir et de dérisquer son modèle d’affaires. »

L’été 2026 a été historique. Canicules et incendies nous ont rappelé avec force l’urgence climatique, et certains en ont payé le prix fort. Face à ces événements, il est plus que jamais nécessaire d’agir, de s’adapter, d’anticiper les crises et de réduire nos impacts. Mais l’urgence n’est pas seulement climatique. Elle est aussi économique et industrielle. Sortir des énergies fossiles, c’est protéger nos entreprises et le pouvoir d’achat de nos concitoyens des variations de prix que nous ne maîtrisons pas. Et les solutions existent. Dans nos territoires et nos entreprises, les transformations sont déjà à l’œuvre et les initiatives se multiplient.


On parle beaucoup du poids des intérêts de la dette française. Ceux-ci représentaient 66,6 milliards d’euros en 2025 et pourraient atteindre 78 milliards en 2026¹. Mais une autre facture, d’un ordre de grandeur comparable, est souvent négligée : la France dépense chaque année près de 60 milliards d’euros pour importer des énergies fossiles alors que notre électricité est totalement décarbonée grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. En développant les énergies renouvelables et en électrifiant nos bâtiments, nos usines et nos transports, nous réinternalisons une partie de cette valeur. Rien qu’avec le Fonds Chaleur, les 11 200 installations financées en dix-sept ans permettent aujourd’hui d’économiser 2 milliards d’euros par an sur notre balance commerciale. En développant des énergies locales, aux prix plus stables, nous protégeons davantage les ménages, les collectivités et les entreprises des fluctuations des prix des énergies fossiles. Les crises successives depuis 2022 ont montré combien cette dépendance pouvait fragiliser notre économie.

En accompagnant les entreprises et les collectivités dans leur sortie des énergies fossiles, l’ADEME, opérateur de l’État, contribue directement à renforcer notre souveraineté économique. Elle réduit notre vulnérabilité stratégique face à des pays producteurs qui peuvent utiliser notre dépendance au pétrole et au gaz comme un levier dans les rapports de force internationaux. C’est l’un des objectifs du plan massif d’électrification lancé par le président de la République en mai 2026, auquel l’ADEME apporte son expertise technique et sa capacité opérationnelle. Parmi les neuf actions de ce plan qu’opère l’ADEME sous la direction du Secrétariat général à la planification écologique, figure notamment l’accompagnement de « 100 territoires d’électrification » pilotes. L’objectif : les soutenir dans leur sortie des énergies fossiles d’ici à 2030, grâce à notre ingénierie et à la mobilisation des dispositifs existants. L’expertise de nos ingénieurs et notre présence dans les régions nous permettent de prendre pleinement notre part dans cet enjeu national.

Mais sortir des fossiles ne se limite pas à la seule question de l’énergie. Économie circulaire, mobilités, produits biosourcés, rénovation des bâtiments ou allongement de la durée de vie des produits interrogent également nos façons de produire, de consommer, d’innover et de préserver nos ressources. La transition écologique n’est donc pas un frein pour notre économie. Elle est un levier de compétitivité, de résilience et de souveraineté. Réduire notre dépendance aux énergies fossiles, c’est finalement nous donner davantage de maîtrise sur notre avenir.

(1) Cour des comptes, juin 2026.