Le plus grand projet d’énergie citoyenne en autoconsommation collective de France

À la Rouquette, dans l’Aveyron, un parking public de 16 000 m2 a été recouvert de panneaux photovoltaïques. Portées par un collectif citoyen, les Ombrières de la Glèbe fournissent directement six entreprises locales, qui y gagnent en prévisibilité sur leurs factures à venir.


En 2023, Ouest Aveyron Communauté lance un appel à manifestation d’intérêt pour l’équipement en panneaux photovoltaïques du parking public de la zone d’activité de la Glèbe, à La Rouquette. La communauté de communes veut un projet en autoconsommation collective, c’est-à-dire qui vend son électricité en circuit court. Malgré l’ampleur inédite du site, la coopérative citoyenne EnerCOA candidate et est retenue. Elle crée alors une société dédiée, la SAS Les Ombrières de la Glèbe, avec quatre autres partenaires : le concepteur de centrales photovoltaïques Mecojit, Ouest Aveyron Communauté, la commune de La Rouquette et Énergie partagée, un mouvement qui, soutenu par l’ADEME, appuie ce type d’initiatives.

11 000 € par an pour la comcom

Le site est inauguré fin 2025. S’il a pu être construit aussi vite, c’est grâce aux six entreprises locales qui ont promis, dès 2023, de lui acheter au moins 100 MWh d’électricité par an : Lisi Aerospace, Castes Industrie, Azam Découpe, Nutriservice, Solevial et les abattoirs de Villefranche-de-Rouergue. « Cela a facilité l’accès à des prêts, reconnaît Daniel Escande, président de la SAS. Ces entreprises ont signé des contrats de six ou dix ans, où les hausses de prix sont plafonnées à 1,5 % par an. Une telle visibilité, dans un contexte de forte volatilité des offres traditionnelles, est précieuse. » Pour maintenir l’équilibre entre offre et demande, Enercoop, fournisseur coopératif d’électricité renouvelable et citoyenne, achète le surplus (4 % environ). La communauté de communes y gagne aussi : elle perçoit des dividendes en tant qu’actionnaire, un loyer de 5 000 €/an pour l’occupation du parking, ainsi qu’une part de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer) représentant 181 000 € sur trente ans. La commune et le département attendent de cette même taxe 72 000 € et 108 000 €.

2,7 GWh/an

de capacité de production (~ la consommationde 2 200 personnes)

Un bilan carbone réduit

La centrale a reçu le label Énergie partagée. Celui-ci reconnaît son intérêt territorial, sa contribution à une dynamique locale, son financement éthique et citoyen, sa gouvernance partagée et son caractère écologique. Sur ce dernier point, en effet, elle ne se contente pas d’être renouvelable et locale : ses structures autolestées en béton ont un bilan carbone deux fois moins élevé que des ombrières classiques en acier.