Chaque année, plus de 100 millions de visiteurs font de la France la première destination touristique mondiale. Mais cette attractivité a un coût écologique : le tourisme représente 11 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, dont les deux tiers proviennent des transports. Pour encourager des déplacements plus sobres, les offices de tourisme ont un rôle clé à jouer.
Différentes typologies de déplacements
En France, si le tourisme est un atout économique majeur, il pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre du pays : le secteur représente aujourd’hui 11 % des émissions françaises. « Pour respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris, le secteur doit réduire de 40 à 50 % ses émissions en valeur absolue d’ici à 2030, comparé à 2018 », explique Aude Andrup, coordinatrice nationale Tourisme et responsable du pôle Mobilité des personnes à l’ADEME. Parmi les leviers possibles, le plus important est celui des transports, responsables des deux tiers des émissions liées au tourisme. « Les politiques publiques restent encore très tournées vers les mobilités du quotidien et moins vers les mobilités touristiques », reprend la coordinatrice.
La voiture reste le mode de transport principal pour se rendre à destination et pour les déplacements sur place. Pour faire bouger les lignes, les touristes ont besoin d’être rassurés sur l’offre de mobilité disponible sur leur lieu de vacances (accessibilité, praticité, fréquence…). En effet, selon le rapport sur la mobilité touristique publié par l’ADEME, en zone urbaine dense, le train, le bus ou la marche sont perçus comme une offre lisible et suffisante. À l’inverse, pour les destinations rurales ou isolées comme la montagne ou des campagnes enclavées, la voiture s’impose, faute de solution connue ou d’intermodalité simple à mettre en œuvre une fois sur place.
Fournir une information claire et accessible
76 % des vacanciers partent en voiture, car cette dernière permettrait plus de liberté de déplacement et une capacité de chargement importante (sondage Ifop pour ROOLE). Par ailleurs, 38 % des personnes interrogées considèrent la voiture comme plus économique que le train ou l’avion. Ensuite, sur le lieu de vacances, les transports en commun ou l’utilisation de vélos restent moins privilégiés. Bien que des alternatives plus durables existent, comme le train, le bus, l’autopartage, ou encore le vélo, elles apparaissent comme moins pratiques ou peu accessibles. Le confort, la maîtrise de l’imprévu, l’efficacité perçue, ou encore la peur des retards sont autant de freins à l’adoption de ces modes de transport. « Les offices du tourisme ont un rôle clé à jouer, explique Aude Andrup. Ils peuvent clarifier l’offre de mobilité et simplifier l’accès pour les vacanciers, mais aussi pour les habitants. » Par ailleurs, depuis la loi d’orientation des mobilités, les offices du tourisme peuvent être intégrés dans les comités de partenaires et participer à l’élaboration des politiques de mobilité.
Créer un lieu mêlant tourisme et mobilité : l’exemple de Gignac et la Vallée de l’Hérault
En Occitanie, conscients de l’impact des offices du tourisme dans la décarbonation du secteur, le Comité Régional du Tourisme et des Loisirs, la Région, l’ADEME et Atout France ont lancé en 2023 un appel à manifestation d’intérêt pour une mobilité touristique durable en Occitanie. Parmi les lauréats se trouve la Maison du Tourisme et des Mobilités de Gignac, qui mêle la promotion des loisirs et des services liés aux mobilités. Ce bâtiment, qui concentre plusieurs modes de déplacement, a été inauguré en juin 2026. « Deux ailes, séparées par une allée piétonne, permettent la distinction entre l’office du tourisme et la maison de la mobilité, bien que nous formions un même ensemble, qui donne sur la gare routière », explique Elsa Achard, responsable du service stratégie urbaine durable et mobilités pour la communauté de communes Vallée de l’Hérault. Sur un lieu unique, il est ainsi possible de réserver une activité, d’acheter un titre de transport, de déposer sa valise en consigne, ou encore de réparer son vélo.
Des « conseillers en séjour » ont par ailleurs été formés sur l’organisation des transports en commun, l’utilisation des voies cyclables ou encore le recours au transport à la demande. « L’objectif est de proposer du même coup une offre de loisirs et une solution de mobilité claire et accessible », reprend Elsa Achard. Lorsque l’office du tourisme est fermé, la maison des mobilités assure un service minimum d’accueil pour les vacanciers. Une borne numérique accessible 24h sur 24h permet également aux voyageurs de trouver certaines informations concernant les loisirs et leurs déplacements. Le lieu a été financé par la collectivité, le département, la Région et l’Etat.
L’ADEME a accompagné la communauté de communes pour l’animation de sa mission mobilité dans le cadre du fond « actions en faveur de la transition écologique » pour un montant de 165 000 € entre 2023 et 2025. Ce financement a permis la création d’un poste de chargé de mission mobilités durables – qualité de l’air qui fait vivre la MTM, la conduite d’études pour l’ouverture des services de mobilité (TAD etc…) et d’actions d’animations.
*source du chiffre en introduction : https://www.entreprises.gouv.fr/la-dge/actualites/bilan-touristique-2025-la-france-confirme-sa-place-de-premiere-destination