Dossier

PME & Innovation : une aide pour transformer l’essai !

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Pour la première fois, l’ADEME soutient la mise sur le marché d’écosolutions innovantes portées par les PME. Un dispositif inédit qui répond à une vraie demande des entreprises. Entretiens croisés entre Juliette Donon, responsable du pôle Financement de l’innovation et programmation PIA de l’ADEME et Laetitia Brottier, cofondatrice et directrice Innovations de la PME industrielle DualSun, spécialisée dans la production de panneaux photovoltaïques

Dans le cadre du plan France Relance, l’ADEME a lancé fin 2020 son nouvel appel à projets « Entreprises engagées dans la transition écologique ». De quoi s’agit-il ?
Juliette Donon 

Après avoir fortement soutenu la conception et le développement de produits et solutions innovantes, notamment à travers le Programme d’investissements d’avenir, l’ADEME accompagne pour la première fois les PME dans le lancement de l’industrialisation et la commercialisation de ces innovations.
Concrètement, cet appel à projets prévoit une subvention de 100 000 euros pour chaque lauréat. Il s’agit d’un coup de pouce pour « booster » la mise effective sur le marché d’une écosolution : investir dans des équipements de production permettant l’industrialisation de l’innovation, concevoir le processus de fabrication, mettre en place une stratégie commerciale. Plus de 350 PME ont répondu à la première phase de l’appel à projets en février 2021. Cet engouement montre que l’ADEME répond à un véritable besoin.

Laetitia Brottier

Créée en 2010, DualSun conçoit des panneaux solaires hybrides de nouvelle génération, made in France, fournissant à la fois de l’électricité photovoltaïque et de l’énergie thermique. Le rendement optimal est jusqu’à trois fois supérieur aux solutions photovoltaïques. L’enjeu pour notre PME industrielle innovante est de maintenir nos marges sur un marché du solaire de plus en plus compétitif. Pour y parvenir, nous continuons d’innover et de commercialiser de nouveaux modèles. Après un premier financement du Programme d’investissements d’avenir opéré par ­l’ADEME, via le concours d’innovation I-Nov dédié aux PME, nous avons candidaté à cet appel à projets « Entreprises engagées dans la transition écologique » pour concrétiser rapidement nos idées. Cette subvention facilitera par exemple la formation de notre réseau d’installateurs, la création d’une application web ou encore la traduction des notices pour l’export. C’est un précieux accélérateur de vente.

L’innovation n’est donc pas l’apanage des seules start-up de la French Tech, mais aussi celui des PME industrielles ?
J.D. 

Évidemment. En revanche, la gestion des ressources humaines et financières peut être un frein à l’innovation. Dans cette période sanitaire et économique incertaine, les PME doivent plus que jamais se renouveler, offrir de nouvelles solutions qui répondent aux attentes environnementales de la société et des marchés. L’ADEME est à leurs côtés. Depuis dix ans, les Programmes d’investissements d’avenir opérés par l’ADEME ont soutenu près de 950 réalisations d’expérimentations préindustrielles ou démonstrateurs de recherche dans la transition écologique, pour un montant d’environ 2,4 milliards d’euros.

Est-il facile d’innover quand on est une PME ?
L.B.

Je le pense, oui. En France, l’innovation industrielle est soutenue par la puissance publique à l’image de l’ADEME, de Bpifrance ou des organismes européens. L’État est au rendez-vous de nos innovations – ce qui n’est pas toujours le cas des financements privés – et c’est un formidable levier de développement. L’innovation est soutenue, et maintenant la commercialisation aussi. Malgré tout, il manque encore un maillon à la chaîne de vie de nos produits. Nos produits ne sont pas systématiquement ciblés par les mécanismes d’aides qui sont réservés aux clients pour faciliter l’acte d’achat. Pourquoi ne pas créer une instance transverse qui ferait le lien entre les dispositifs de soutien et ceux réservés aux clients ?

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