Thèses

Reporting extrafinancier et lutte contre le changement climatique

Cette thèse menée par Bastien David au laboratoire Montpellier Research in management (MRM) est composée de trois articles qui s’appuient sur l’analyse néo-institutionnelle pour étudier les organisations.

Quels sont les principaux objectifs/résultats de la thèse ?
Bastien David

Il s’agit d’une thèse, dirigée par la professeur Sophie Spring et le co-encadrant Edouard Fourdrin, composée de trois articles. Elle s’appuie sur l’analyse néo-institutionnelle [1] pour étudier les organisations.
Le premier vise à étudier l’appropriation volontaire par les grosses entreprises du secteur de l’aviation civile d’un nouveau standard de reporting extrafinancier [2] (le TCFD) mis en place en 2017. Les résultats montrent que malgré une meilleure connaissance des impacts du changement climatique sur leur activité, les informations publiées dans ce reporting climat relatives à leurs stratégies sont encore très nuancées et très peu quantifiées monétairement.
Le second article, en cours de finalisation, vise à montrer comment les informations situées dans le reporting financier et extra-financier s’articulent en comparant deux échantillons, l’un prenant en compte uniquement des indicateurs financiers (CAC40) et l’autre prenant également en compte des indicateurs environnementaux et sociaux (CAC40 ESG). L’étude s’appuie aussi sur une analyse de la littérature grise relative à la taxonomie européenne verte, la déclaration de performance extra-financière et le green deal européen dans le contexte français.

 

Pourquoi avez-vous sollicité l’ADEME ? Qu’est-ce que cette collaboration a apporté aux travaux ?
B. D.

L’ADEME a été pour moi une évidence, car l’organisation s’attache comme moi professionnellement et personnellement à aider à réaliser la transition écologique et à éveiller les consciences. Cette collaboration m’a permis en premiers lieux de m’apporter le soutien financier pour réaliser mon doctorat et cela m’a également permis d’avoir des contacts précieux pour mes recherches parmi les acteurs.

 

 

Comment ont été/seront valorisés les résultats ? Quelles sont les éventuelles suites ?
B. D.

Les résultats ont été valorisés par la réalisation de 5 communications en congrès/conférences, dont 2 à l’international. 2 communications sont encore à venir pour la fin 2021. Pour le premier article, il est actuellement en processus de soumission et le deuxième le sera en début d’année 2022. Le dernier article reste à écrire, il portera sur la manière dont les entreprises utilisent les connaissances scientifiques pour sélectionner, prioriser et évaluer les éléments du reporting climat.

 

[1] La théorie néo-institutionnelle de Powell et Di Maggio postule que dans un contexte de pression de l’environnement sur un champ organisationnel, les interactions entre les participants à ce champ, débouchent sur une rationalité collective qui se manifeste par des structures et comportements relativement homogènes.

[2]D’après la définition donnée par Novethic, le reporting extrafinancier présente les données des entreprises sur les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à la différence du reporting financier qui a pour objectif de donner une image fidèle de sa situation financière. Ces critères constituent les piliers d’une gestion responsable, aux côtés du suivi des indicateurs économiques et financiers. Ces derniers, seuls, sont insuffisants pour évaluer la pérennité et la résilience des entreprises. L’objectif du reporting ESG est donc d’assurer la transparence des entreprises sur ces aspects pour mieux évaluer la gestion de ces risques et plus largement la responsabilité des entreprises vis-à-vis de l’environnement et de ses parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants, clients, investisseurs…).