Dossier

Compost in Situ : le compost dans le champ d’à côté

Développer en France le compostage de territoire, solution intermédiaire entre la gestion de proximité et la collecte sélective classique, c’est ce que propose le réseau Compost in Situ.

Cela consiste à collecter les biodéchets auprès de commerçants, restaurants et autres producteurs, puis à les composter en bout de champs, sur des parcelles mises à disposition par des agriculteurs partenaires, utilisateurs finaux du compost. Tout cela se fait à une échelle très locale, pour limiter au maximum les transports de matières. L’idée a germé en 2014, à l’initiative de Valdéfis, société de recyclage des déchets verts basée au Poiré-sur-Vie (85), et de Compostri, association qui suit près de 250 sites de compostage partagé de la métropole de Nantes (44). Ensemble, ils ont défini le concept, puis chacun l’a développé près de chez lui. Le modèle a rapidement séduit d’autres acteurs. Rien qu’en Pays de la Loire, il a été répliqué à Guérande (44), Trélazé (49) et Craon (53). « Chacune de ces structures fonctionne indépendamment. Mais, pour assurer la promotion du compostage de territoire sur le plan régional, mutualiser certains achats, équipements et services, elles se sont regroupées en coopérative en avril 2021, raconte Didier Juret, chargé de coordonner cette coopérative, baptisée Compost in Situ Pays de la Loire. À elles toutes, elles auront permis de valoriser plus de 700 t de déchets alimentaires et autant de déchets verts à fin 2021, pour produire 1 800 t de compost. »

Essaimage national d’une économie circulaire locale

En parallèle, un réseau national, Compost in Situ, est en cours de création, en vue d’accompagner l’émergence d’autres coopératives régionales de ce type. Cette association parraine déjà quelques projets, à l’image d’Alfacy en Bourgogne-Franche-Comté ou de Cisso en Nouvelle-Aquitaine.

Et les biodéchets ménagers ?

Compost in Situ teste aussi leur collecte à Nantes. « Il y a un vrai travail d’éducation à faire auprès des habitants avant d’obtenir un tri de qualité, constate Didier Juret. Mais 2024 approche, il faut le faire. »

A lire aussi dans le magazine