L’édito de Baptiste Perrissin Fabert, directeur général délégué de l’ADEME
Plus de 70 % des émissions industrielles françaises se concentrent dans une dizaine de zones qui rassemblent des activités stratégiques industrielles comme la sidérurgie, la chimie, mais aussi le raffinage, la production d’énergie, ou encore la logistique. La décarbonation profonde de ces territoires ne peut être envisagée sans des volumes massifs d’énergies décarbonées, donc des capacités renforcées de réseaux et des solutions logistiques adaptées pour acheminer ces ressources. Elle implique également de traiter des contraintes locales fortes : disponibilité foncière, accès à l’eau, aménagement portuaire, mobilité des flux, coexistence d’activités essentielles à la compétitivité et à la souveraineté nationale. Les approches de décarbonation par zones industrielles, à travers les feuilles de route des 50 sites principaux émetteurs, et les stratégies sectorielles portées au niveau national, dont les Plans de transition sectoriels établis par l’ADEME constituent des bases indispensables. Mais elles ne suffisent pas à appréhender la concentration territoriale des émissions ni les interdépendances entre procédés industriels, réseaux énergétiques et infrastructures communes nécessaires. Pour réussir la décarbonation profonde de l’industrie, il est nécessaire de s’appuyer sur une approche complémentaire à l’échelle du territoire, capable d’organiser les mutualisations pertinentes d’infrastructures et de préparer le déploiement coordonné des investissements bas-carbone dont dépend l’atteinte des objectifs nationaux.