Portrait

“Nous représentons la dernière génération à pouvoir inverser la tendance”

Se faire entendre, c’est bien ; mais agir, c’est encore mieux… À 26 ans, Claire Pétreault a déjà mis en place un réseau professionnel destiné aux jeunes désireux d’œuvrer pour la transition énergétique : Les Pépites Vertes. Un levier de changement efficace qui répond à une demande croissante des jeunes diplômés.

Marine allège l’empreinte carbone du transport maritime ; Théo commercialise des produits locaux ; Joséphine est analyste pour un fonds d’investissement à impact… Sur la plateforme imaginée par Claire Pétreault et créée il y a tout juste un an, Les Pépites Vertes, ils sont déjà plus de 250 jeunes à avoir témoigné de leur parcours professionnel engagé en faveur de la transition écologique. Tout comme Claire, ils ont tous de quelques mois à quelques années d’expérience professionnelle. Et l’envie d’agir chevillée au corps. « Comme le dit Barack Obama, nous représentons sans doute la dernière génération à pouvoir inverser la tendance en termes de réchauffement climatique. Nous ne pouvons pas attendre que le changement vienne des autres », explique la jeune femme, sensibilisée dès l’adolescence à l’action et à la gestion de projet, dans le cadre du conseil municipal des jeunes de sa commune de Segré (Maine-et-Loire), notamment. C’est en constatant que de plus en plus de jeunes actifs cherchent un travail à impact positif pour la planète, sans toujours savoir où le trouver ni comment s’y prendre, que lui vient l’idée de ce site, à la fois mine d’inspiration, réseau social et centre de ressources ; aujourd’hui complété par des vidéos sur Youtube et par des outils pratiques. « Ces jeunes ont d’énormes exigences vis-à-vis de leur futur employeur. Ils veulent un poste conforme à leurs valeurs et à leurs aspirations. Si certaines entreprises s’interrogent sur leurs modèles économiques et leur chaîne de valeur, beaucoup peinent à le comprendre et commencent à avoir du mal à recruter », constate-t-elle.

Entrepreneuse dans l’âme

Si Claire Pétreault détecte un « énorme réveil des consciences » depuis 2019 – la crise sanitaire, les feux australiens et les derniers avertissements du GIEC ont marqué les esprits… –, le chemin a été plutôt solitaire en ce qui la concerne. « À Sciences Po, je voyais les autres étudiants partir vers le digital ou le conseil quand je profitais d’une année de césure pour aller créer une Ruche qui dit oui. Je me suis demandé si j’étais un ovni ! » Pas de quoi décourager cette apprentie militante malgré tout. Claire enchaîne avec un projet de valorisation des déchets de la restauration, à Angers, avant de reprendre un master 2 « Innovation » au sein de Télécom Paris, puis de rejoindre l’équipe de ChangeNOW pour trois ans, en tant que responsable de la communication. « Je me suis rendu compte alors à quel point j’adorais entreprendre, monter des projets, en complémentarité avec des profils différents, et comment l’innovation pouvait devenir un levier de la transition », analyse-t-elle. Tous les ingrédients des Pépites Vertes étaient là… Aujourd’hui, la plateforme recense plus de 100 métiers, 8 000 followers, quelque 200 000 vues sur certaines séries… Son club regroupe 70 jeunes qui échangent et se forment entre eux. La jeune activiste a déjà été reçue par plusieurs membres du gouvernement. Un succès qu’elle doit à sa faculté de bien s’entourer, à sa volonté de représenter l’ensemble du territoire, pas seulement Paris, mais aussi à sa capacité d’écoute : « Quand on veut vendre un produit, il ne faut pas se demander s’il va plaire, mais comment le construire en fonction des besoins exprimés par ses utilisateurs », souligne-t-elle.

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