« Lutter contre la désinformation est un enjeu pour la transition écologique. »

Le climatoscepticisme a laissé place à une autre forme de doute, plus diffuse : le climatorelativisme. Celui-ci entrave tout autant, si ce n’est plus, la transition écologique : malgré un consensus scientifique solide sur l’origine anthropique du changement climatique, 28 % des Français estiment encore qu’il s’agit d’un phénomène naturel, non lié aux activités humaines (1). Cette croyance est entretenue par des campagnes de désinformation subtiles et moins facilement réfutables que la négation d’un phénomène devenu impossible à ignorer. En semant le doute sur l’urgence à agir ou sur l’efficacité des solutions proposées, ces campagnes justifient l’inaction. Elles freinent notre capacité à nous mobiliser collectivement pour le climat et pour notre santé, notre agriculture, notre industrie, notre pouvoir d’achat et notre qualité de vie.

La parole à Sylvain Waserman PDG de l’ADEME.


En 2025, 665 cas de mésinformation ou de désinformation climatique ont été relevés dans les médias audiovisuels français (2). Ces chiffres montrent que le phénomène est désormais structuré. Il s’intensifie à travers des discours sur les mesures environnementales ou les nouvelles politiques de transition écologique. Même s’ils sont corrigés en direct par des journalistes, ces messages sont séduisants : ils sont simples, logiques, jouent sur les émotions, la surprise ou l’humour et circulent massivement sur les réseaux sociaux.

Traquer la désinformation ne peut pas être la seule solution : il est indispensable de replacer sans cesse la science à sa juste place dans le débat public et d’encourager le « fact-checking », qu’il soit réalisé par des journalistes (AFP Factuel, etc.) ou par des organes de l’État (Bercy décode, French Response, etc.).

Il est également nécessaire d’agir en amont, de développer l’éducation aux sciences et aux médias, de former dès le plus jeune âge à l’esprit critique et, surtout, de favoriser la diffusion d’informations de qualité, rigoureuses et nuancées, dans un langage accessible et des formats attractifs, sur tous les canaux, notamment les réseaux sociaux.

L’ADEME est, de par la loi, mandatée pour lutter contre la désinformation climatique (cf. Code de l’environnement). Nous produisons des connaissances scientifiques fiables, sérieuses et indépendantes, que nous publions sur nos sites, en expliquant de façon rigoureuse et transparente les méthodes que nous avons utilisées. Journalistes, influenceurs, entreprises, collectivités, associations ou citoyens : tout le monde peut s’appuyer sur nos études, nos guides et nos articles pour trouver des informations vérifiées, comprendre les enjeux du changement climatique, trouver de l’inspiration pour agir, ou encore des moyens de concrétiser un projet. À l’heure où les institutions scientifiques comme la nôtre sont devenues la cible d’attaques, l’annonce par l’Élysée d’un plan national pour l’accès à l’information sur l’environnement et le climat pour cet été est un signal fort envoyé aux désinformateurs.

(1) Baromètre « Représentations sociales du changement climatique – 26e vague », ADEME, 2025. 
(2) Observatoire des médias sur l’écologie (OMÉ), 2026.