Portrait

“Je suis pessimiste dans l’analyse mais optimiste dans l’action”

Faire passer les jeunes du statut de spectateur à celui d’acteur du changement : telle est l’aspiration de Yannis El Amraoui, cofondateur de Lycées en transition. Un étudiant débutant mais déjà vieux briscard du monde associatif, bien décidé à faire bouger les lignes.

lnterpeller les jeunes, les inciter à passer à l’action et leur fournir des outils pour le faire : c’est le fil rouge des nombreux engagements de Yannis El Amraoui. Le fil vert plutôt… car c’est d’abord l’écologie qui préoccupe ce jeune homme de 19 ans, cocréateur entre autres de la plateforme Lycées en transition, premier réseau social destiné à fédérer les lycéens autour de la préservation de la planète. Le point de départ de cette aventure ? Une projection du film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, alors que Yannis était encore collégien. « J’ai été enchanté par l’aspect joyeux de la transition écologique, vue à travers le prisme des alternatives présentées. Cela m’a donné envie d’adopter un mode de vie plus vert et de rejoindre des collectifs comme Alternatiba », explique-t-il. 

Un effet d’entraînement

Repas végétarien, ateliers de sensibilisation, installation d’un potager et de ruches connectées… en première, Yannis développe ainsi un projet écologique au sein de son lycée, à Toulouse. En terminale, c’est au tour de Lycées en transition, créé en plein confinement avec des amis, d’anciens élèves et des professeurs. Partenaire du 6e anniversaire de l’Agenda 2030, le réseau rassemble aujourd’hui une quarantaine d’établissements et se développe à l’international. Depuis, tout en poursuivant ses études d’ingénieur à l’UTC (Université de technologie) de Compiègne, le jeune homme qui se dit « pessimiste dans l’analyse, mais optimiste dans l’action » enchaîne les projets. Au printemps dernier, il s’est lancé dans la mise au point d’une formation à distance certifiante sur le climat (Certif’Climat), désormais en phase pilote, récompensée par deux prix aux dernières Assises étudiantes du développement durable. Son contenu sera validé par un comité scientifique regroupant des experts comme ceux du Giec.

Du national à l’international

Administrateur de l’ONG Little Citizens for Climate, speaker pour la conférence Youth for Good, Yannis participe aussi à la construction de la plateforme Ta Voix Compte, lancée par Ashoka France pour faire entendre le point de vue des jeunes, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022. En « gagnant en efficacité », il trouve encore le temps de jouer les ambassadeurs pour le film Bigger than Us. « Pour que les politiques publiques suivent, un lobby citoyen fort est nécessaire », estime-t-il. Félicité personnellement par le président de la République pour « son engagement en faveur de l’écologie », dans une lettre du 13 septembre dernier, Yannis n’oublie pas de saluer la force du collectif et se réjouit de voir les plus jeunes prendre le relais. « Dans mon ancien lycée, ils ont planté une microforêt pour favoriser la biodiversité et ils mènent des actions de sensibilisation autour de la seconde main. Le lycée a même ouvert une option Sciences de la durabilité en français et en anglais. C’est génial ! »

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