Dossier

L’écoconception vous rend plus forts

L’écoconception, si elle vise avant tout à réduire l’impact environnemental d’un produit ou d’un service,
peut aussi être un moyen pour les entreprises d’innover et de gagner en compétitivité et en résilience.

Covid-19, guerre en Ukraine, sécheresses… les crises se succèdent et chacune d’elles s’accompagne de nouveaux défis pour les entreprises : tensions d’approvisionnement, hausse des prix de l’énergie et des matières premières entravent de plus en plus leur fonctionnement. À cela s’ajoutent des difficultés à retenir les salariés en quête de sens, une sensibilité écologique accrue de la société, sans parler de l’accentuation des effets du changement climatique. Pour arrêter de subir, il faut s’adapter. C’est pourquoi nombre d’entreprises investissent dans le développement de biens et de services moins gourmands en ressources et en énergies fossiles, générant moins d’impacts et de pollutions. En somme, dans l’écoconception.

La fierté des collaborateurs

Même si cela implique de repenser chaque étape de la conception et de la logistique, la stratégie se révèle payante : « Le baromètre réalisé en 2020 auprès de 394 entreprises montre que 34 % de celles engagées en écoconception perçoivent une augmentation de leurs volumes de ventes, note Erwan Autret, ingénieur au sein du service Écoconception et recyclage de l’ADEME. De plus en plus de clients comprennent l’intérêt de payer un peu plus pour des produits moins polluants, qui durent plus longtemps, se réparent et sont moins coûteux à l’usage. » Ces entreprises ont gagné en notoriété (62 %). Et « il ne faut pas oublier les bénéfices d’une telle démarche en termes de management interne ! ajoute Raphaël Guastavi, chef du service Écoconception et recyclage de l’ADEME. Cela fédère les équipes autour d’un projet qui a du sens. »

La législation incite elle-même à se lancer. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), de février 2020, s’attaque notamment au plastique jetable, à l’obsolescence programmée et aux allégations environnementales trompeuses. Elle renforce aussi le principe de responsabilité élargie des producteurs (REP) en exigeant l’adoption de démarches d’écoconception. La loi Climat et Résilience, d’août 2021, prévoit de rendre obligatoire l’affichage environnemental pour certains produits (textiles, etc.), en tenant compte de l’ensemble de leur cycle de vie. La loi sur la réduction de l’empreinte environnementale du numérique (REEN), adoptée fin 2021, demande la création d’un référentiel d’écoconception pour les services numériques. Quant à la directive européenne Écodesign, elle rehausse les exigences de l’étiquette énergie et y ajoute un indice de réparabilité pour les appareils électroménagers.

Éviter les fausses solutions

Les consommateurs disposent de multiples repères pour guider leurs achats écoresponsables. Certains sont imposés : étiquette énergie, indice de réparabilité… D’autres sont de plus en plus reconnus et plébiscités, comme l’affichage environnemental ou l’Écolabel européen. « Souhaiter les arborer, c’est entrer dans une démarche d’écoconception, note Raphaël Guastavi. Parce que ces outils s’appuient sur des listes exhaustives de ­critères ou sur de solides méthodes de calcul pour analyser le cycle de vie des produits, parce qu’ils font aussi l’objet d’audits externes, ils évitent le greenwashing. Ils évitent aussi les fausses solutions. » Les efforts réalisés pour améliorer l’efficacité énergétique d’un appareil ne doivent pas, par exemple, nécessiter de consommer plus de -ressources non renouvelables ou générer des déchets non recyclables.

Les aides de l’ADEME

Parce que l’écoconception demande du temps et des moyens, l’ADEME se tient aux côtés des entreprises à toutes les étapes de leur démarche : des premiers pas au diagnostic complet, en passant par les aides à l’investissement, les études de faisabilité et la mise en œuvre de l’affichage environnemental ou de l’Écolabel européen. Dans le cadre du plan de relance, lancé par l’État en réponse à la crise sanitaire, l’Agence a disposé d’une enveloppe de 35 millions d’euros pour soutenir les TPE et PME pendant deux ans. Les grandes entreprises ont tout intérêt à inviter leurs sous-traitants à les demander : avoir des fournisseurs et autres partenaires commerciaux vertueux contribue à leur propre démarche d’écoconception. Elles peuvent par ailleurs bénéficier d’autres dispositifs ADEME de soutien direct, comme le fonds Économie circulaire ou l’appel à projets Perfecto. Ce dernier finance chaque année 15 à 20 projets de R&D, portés par des entreprises de toutes tailles, en lien avec l’écoconception. En 2021, il a ainsi contribué au développement de plusieurs produits innovants à très haute performance environnementale (un bâton de ski, une culotte menstruelle, un voilier à foils…) et à l’élaboration de référentiels d’évaluation environnementale pour des réseaux télécoms et des data centers. Des référentiels que l’ADEME peut désormais partager avec d’autres entreprises, pour leur éviter d’avoir à refaire les calculs et pour uniformiser les méthodes par secteur.

34  %

des entreprises engagées dans une démarche d’écoconception voient leurs volumes de ventes augmenter.

Pour 40 %

des entreprises, l’écoconception est un moyen d’anticiper les futures réglementations. (source : baromètre écoconception 2020 de l’ADEME).

Une aide multipliée par 4

Avec le plan de relance, l’ADEME a multiplié par quatre son soutien à l’écoconception en 2021 par rapport aux trois années précédentes : 8,65 millions d’euros contre 2 millions par an. 499 projets ont été financés. Un succès qui témoigne du rôle de l’écoconception dans la recherche de résilience des entreprises.

ademe.fr, un site exemplaire

Le nouveau site institutionnel de l’ADEME a été pensé dans une logique d’écoconception. Il est léger, en termes de code mais aussi de visuels et de fonctionnalités, ce qui permet d’économiser de l’énergie et de l’espace de stockage. Un audit viendra certifier qu’il respecte le plus possible le référentiel général d’écoconception de services numériques (RGESN).

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