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Imaginons ensemble les bâtiments de demain

Imaginons ensemble les bâtiments de demain
En parallèle de l’étude Transition(s) 2050, l’ADEME a initié avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) un exercice prospectif complémentaire, propre au secteur du bâtiment. Explications avec Albane Gaspard, du service Bâtiment de l’ADEME et Jérémy El Beze, du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Pourquoi avoir lancé cette démarche, « Imaginons ensemble les bâtiments de demain » ?
Albane Gaspard 

Ce travail, mené avec de nombreux acteurs du bâtiment et de l’immobilier (promoteurs, fournisseurs d’énergie, de matériaux, d’équipements, etc.), est complémentaire de Transition(s) 2050. Notre objectif n’était pas de trouver un chemin pour atteindre la neutralité carbone, mais d’imaginer les évolutions possibles du secteur.

Jérémy El Beze

Nous avons d’abord identifié et analysé tous les facteurs susceptibles d’impacter le bâtiment et l’immobilier à l’horizon 2050 en France. Il y en a 22. Citons par exemple la démographie, la répartition de la population sur le territoire, l’occupation des bureaux, les réglementations techniques… L’idée était de fournir aux professionnels une boîte à outils dont ils pourraient se saisir pour alimenter leurs réflexions stratégiques. Nous avons ensuite construit quatre récits, très contrastés, qui les aident à se projeter, à voir les conséquences de chaque trajectoire, notamment sur leurs modèles d’affaires.

Que racontent vos scénarios ?
A. G.

Ils se résument en trois grandes questions : y aura-t-il assez de ressources pour agir (main-d’œuvre, finances, etc.) ? Si oui, les acteurs (professionnels, occupants des bâtiments, etc.) seront-ils prêts à évoluer ? Et quelle forme prendra cette évolution ? Dans le premier scénario, « Pénuries », le secteur tourne au ralenti et, faute de moyens pour faire des travaux, le parc -immobilier deviendra obsolète. Dans le scénario ¬« Difficile de tout faire », les acteurs peinent à répondre à la fois aux enjeux environnementaux, numériques et démographiques (vieillissement de la population, etc.). Si les bâtiments neufs tirent leur épingle du jeu, là encore les bâtiments existants se dégradent. Les deux autres scénarios demandent la mobilisation de tous, notamment pour arriver en 2050 à un parc de logements presque entièrement rénové de façon ambitieuse (BBC-rénovation), alors que 1 % seulement l’est aujourd’hui. Reste à savoir si la société choisira de quitter les grandes villes (scénario « Rééquilibrages ») ou, au contraire, de s’y concentrer (« Bâtiment comme service »).

J. E. B.

Nous devrions tous souhaiter l’un de ces deux derniers scénarios, car ils sont compatibles avec l’atteinte de la neutralité carbone. Mais leur réalisation dépend de l’action combinée des acteurs de l’offre, de la demande et de la politique publique.

Et maintenant ?
A. G. 

Nous allons aider les acteurs qui le souhaitent à utiliser notre boîte à outils pour élaborer leurs stratégies et accélérer la transition.

J. E. B. 

Le CSTB s’apprête par ailleurs à lancer une autre étude prospective, cette fois sur l’économie circulaire dans le bâtiment, un moyen de limiter le risque de pénuries.

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