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Une voile pour les supertankers

Une voile pour les supertankers
La start-up nantaise Airseas a mis au point une aile intelligente, capable de réduire de 20 % en moyenne les émissions de gaz à effet de serre des plus gros navires de fret.

Simple mais sophistiqué. Pour limiter le recours au fuel, Airseas développe la SeaWing, une aile qui fait avancer les supertankers, vraquiers, porte-conteneurs… Un projet soutenu, dans sa phase de démonstration, par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) opéré par l’ADEME à hauteur de 7,2 millions d’euros. En décembre 2021, un tout premier navire de Louis Dreyfus Armateurs, affrétant des pièces d’A320, est parti pour une campagne d’essais grandeur nature. Une belle réussite pour cette start-up créée en 2016 et qui fait travailler aujourd’hui 90 personnes issues de l’aéronautique et de la marine.

Intervention humaine minimale

L’aile, dont l’envergure se rapproche de celle d’un avion de ligne, et qui peut tracter 50 tonnes aujourd’hui – 100 tonnes à terme – se déploie automatiquement au bout d’un bras articulé et un câble connecté à un ordinateur – un pod – fonctionnant comme un pilote automatique d’avion. En cabine, le capitaine est équipé d’un logiciel d’écoroutage, qui détermine la route optimale en fonction de la météo et des données transmises par le pod. « Notre innovation vise une intervention humaine minimale », précise Stéphanie Lesage, secrétaire générale d’Airseas.

SeaWing permettra de baisser la consommation de fuel et les émissions associées de 20 %. Une innovation qui intéresse fortement le secteur alors que l’Organisation maritime internationale s’est fixé l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % dès 2030. « Nous parlons aujourd’hui beaucoup de fuels alternatifs, mais le futur navire zéro émission combinera plusieurs solutions, dont la propulsion par le vent », conclut ­Stéphanie Lesage. 

Quoi ?

Airseas, une start-up française installée à Nantes

Où ?

Nantes

Pourquoi ?

Le fret maritime est responsable de 3 % des émissions de GES, mais aussi de la pollution aux hydrocarbures des océans.

Quand ?

Industrialisation de la production fin 2023

Partenaires ?

ADEME (7,2 millions d’euros), Airbus, Régions Occitanie et Pays de la Loire

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